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15/03/2018 13:12 EDT | Actualisé 15/03/2018 14:00 EDT

Washington annonce des sanctions contre Moscou pour ingérence dans les élections

Au total, 19 individus et cinq entités sont visés par ces sanctions.

PA Wire/PA Images

Les États-Unis ont annoncé jeudi une série de sanctions contre la Russie en réponse à l'ingérence de Moscou dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et plusieurs cyberattaques.

Au total, 19 individus et cinq entités sont visés par ces sanctions, parmi lesquelles le FSB (services de renseignement intérieurs) et le GRU (services secrets de l'armée russe).

Plusieurs des personnes visées ont été inculpées dans l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'interférence russe lors de la campagne présidentielle qui a porté Donald Trump au pouvoir.

"Cette administration répond aux activités pernicieuses (...) de la Russie, y compris sa tentative d'interférence dans les élections américaines", a indiqué le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Les sanctions se traduisent en particulier par le gel des avoirs des personnes concernées et l'interdiction pour des sociétés américaines de faire des transactions avec elles.

Elles sont aussi une réponse à plusieurs cyberattaques attribuées par les Etats-Unis à la Russie, y compris une tentative de pénétrer le système de distribution énergétique, a indiqué un responsable américain.

Le Congrès s'était déjà prononcé pour des sanctions contre la Russie mais le Trésor s'était contenté le 30 janvier de publier une liste de 200 responsables russes, sans annoncer de mesures punitives immédiates.

L'absence de sanctions concrètes et la seule publication d'une liste avaient soulevé des questions sur la réelle volonté de l'administration de les appliquer.

L'annonce de ses sanctions intervient peu après la diffusion d'un communiqué commun de Londres, Berlin, Paris et Washington selon lesquelles la responsabilité de Moscou est la seule explication "plausible" à l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni.

Des mesures commerciales contre Pékin bientôt examinées par Trump

Des mesures commerciales contre la Chine vont bientôt être examinées par le président Donald Trump en rétorsion aux "vols de propriété intellectuelle" commis par Pékin, a affirmé jeudi son conseiller en matière de politique commerciale Peter Navarro.

"Dans les prochaines semaines, le président Trump aura sur son bureau des recommandations sur la base du rapport de l'ambassadeur Lighthizer établi sur la base de l'enquête ouverte au titre de l'article 301 sur les vols et les transferts forcés vers la Chine de propriété intellectuelle", a indiqué M. Navarro lors d'un entretien sur la chaine de télévision CNBC.

Robert Lighthizer est le représentant américain au Commerce (USTR).

Les Etats-Unis avaient ouvert en août 2017 une enquête au titre de l'article 301 de leur législation commerciale sur des violations supposées des droits de propriété intellectuelle.

Washington s'inquiète notamment du système de coentreprises imposé par Pékin aux entreprises américaines: en contrepartie d'un accès au marché chinois, ces firmes sont obligées de partager avec des partenaires locaux une partie de leur savoir-faire technologique.

Les médias américains ont évoqué ces derniers jours des sanctions contre la Chine allant de 30 à 60 milliards de dollars mais M. Navarro n'a pas donné de détails sur le montant et ni sur les produits qui seraient visés.

Il a accusé la Chine "d'avoir enfreint toutes les règles" depuis son entrée dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001 et d'avoir "déstabilisé le système du commerce mondial".