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15/03/2018 09:13 EDT | Actualisé 15/03/2018 10:17 EDT

Quatre pays accusent la Russie de l'attaque contre l'ancien espion

Les leaders du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France et de l'Allemagne on rédigé un communiqué conjoint.

Deux soldats enquêtant sur l'empoisonnement de Sergei Skripal.
Andrew Matthews/PA via AP
Deux soldats enquêtant sur l'empoisonnement de Sergei Skripal.

Les leaders du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France et de l'Allemagne affirment dans un communiqué conjoint que la Russie est responsable de l'attaque à l'agent neurotoxique contre l'ancien espion Sergueï Skripal.

La première ministre britannique Theresa May, les présidents américain et français Donald Trump et Emmanuel Macron, et la chancelière allemande Angela Merkel estiment tous qu'il n'existe "aucune autre explication plausible" pour l'attaque du 4 mars, à part une implication de la Russie.

Ils sont d'avis que le refus de Moscou de répondre à la "demande légitime" d'information formulée par Londres "témoigne encore davantage de sa responsabilité".

Les leaders ajoutent que l'utilisation d'une arme chimique "constitue une agression contre la souveraineté du Royaume-Uni" et une "atteinte au droit international".

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré dans un communiqué distinct que le "Royaume-Uni peut compter sur l'appui sans réserve du Canada dans le cadre des efforts visant à exiger de la Russie qu'elle rende des comptes par rapport à ces gestes inacceptables et illégaux". Il affirme que "le Canada a offert son aide par l'entremise de plusieurs points de contact avec le gouvernement britannique", notamment par le biais des ministres Chrystia Freeland, Harjit Singh Sajjan et Ralph Goodale.

M. Trudeau ajoute que "nous travaillerons de près avec le Royaume-Uni et nos partenaires internationaux ainsi qu'au sein d'institutions internationales pour régler cette situation très grave".

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, estime que le refus de Londres de fournir des preuves d'une implication russe démontre que ces preuves n'existent pas. Il a accusé le Royaume-Uni, jeudi, de chercher à camoufler cette absence en "alimentant la rhétorique anti-Russie aux limites de l'hystérie", pour tenter d'obtenir les appuis de ses alliés.

M. Lavrov assure que Moscou n'aurait eu aucune raison d'assassiner M. Skripal et il reproche aux ennemis du Kremlin de vouloir profiter de cet incident pour torpiller la Coupe du monde de football qui sera disputée en Russie cet été. Il a ajouté que les allégations britanniques visent à détourner l'attention du public de la sortie difficile du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le président russe Vladimir Poutine a rencontré son conseil de sécurité pour discuter des tensions avec le Royaume-Uni. Les médias russes rapportent qu'il s'est "grandement inquiété de la position destructrice et provocatrice adoptée par la partie britannique".

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a dit que Londres n'a pas encore demandé l'aide de l'Alliance dans cette affaire, mais que l'utilisation d'un agent neurotoxique constitue une menace à la sécurité internationale. Il a qualifié le tout d'incident "inacceptable qui n'a pas sa place dans le monde civilisé".

Le ministre Lavrov avait précédemment annoncé que la Russie expulsera "certainement" des diplomates britanniques en réplique à la décision de Londres de renvoyer chez eux 23 diplomates russes en lien avec l'empoisonnement de M. Skripal et de sa fille Ioulia.

M. Lavrov a dit, selon l'agence de presse RIA Novosti, que cela devrait se produire "bientôt", mais il a assuré que Londres sera informée officiellement, avant l'annonce publique.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a dit jeudi que Moscou a ciblé l'ancien espion Sergueï Skripal et sa fille pour démontrer clairement que ceux qui osent défier la Russie méritent de "s'étouffer avec leurs 30 deniers d'argent".

M. Johnson a dit à la BBC que la réponse "arrogante et sarcastique" de Moscou aux demandes d'explications de Londres - qui voulait savoir comment un agent neurotoxique développé par l'Union soviétique pouvait avoir été utilisé contre M. Skripal - envoie elle aussi un message. Selon M. Johnson, le gouvernement russe cherche "à la fois à le nier et à se couvrir de gloire".

Les relations entre le Royaume-Uni et la Russie sont tombées à leur plus bas depuis la guerre froide, depuis que la première ministre britannique Theresa May a décidé d'expulser 23 diplomates russes en riposte à l'attaque contre M. Skripal et sa fille. Elle a également annoncé d'autres représailles, comme une interruption des échanges de haut niveau.

M. Skripal et sa fille demeurent hospitalisés dans un état critique dans la ville de Salisbury.