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15/03/2018 11:29 EDT | Actualisé 15/03/2018 11:29 EDT

Le Québec a besoin de plus de médecins, selon une étude de l'IEDM

Il faut mettre fin aux quotas dans les facultés de médecine, affirme l'institut.

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Au moment où les partis de l'opposition questionnent constamment le gouvernement Couillard au sujet des problèmes du système de santé, une nouvelle étude laisse entendre que la province n'a pas suffisamment de médecins et devrait assouplir son contrôle des admissions dans les facultés de médecine.

Alors que l'économie du Québec se porte bien et que la province présente un faible taux de chômage, l'opposition s'est rabattue sur les soins de santé pour attaquer les libéraux à quelques mois des élections prévues pour l'automne.

Les Québécois sont bombardés de nouvelles liées à la santé, allant des infirmières qui se disent surchargées aux médecins qui affirment être trop payés. Les temps d'attente à l'urgence et les difficultés à obtenir un médecin de famille sont aussi largement médiatisés.

Patrick Déry, de l'Institut économique de Montréal, affirme dans son étude qu'il est temps pour le Québec de mettre fin aux quotas dans les facultés de médecine et d'embaucher davantage de médecins.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette estime que les universités forment trop d'étudiants en médecine, ce qui l'a poussé à réduire le nombre d'admissions l'été dernier.

Mais M. Déry, dont l'étude a été publiée jeudi, croit que le ministre a eu tort, puisque le Québec compte moins de médecins en exercice que la majeure partie des pays développés.

Avec un ratio de 2,8 médecins par 1000 personnes (incluant les médecins résidents), le Québec se situe légèrement au-dessus de la moyenne canadienne, mais bien en deçà de l'Australie (3,5), l'Allemagne (4,1) et l'Autriche (5,1).

En augmentant le nombre de médecins, croit M. Déry, «le réseau public aurait davantage de main-d'œuvre pour pourvoir les postes vacants, qui se comptent présentement par centaines».

«L'accès et le choix pour les patients en seraient améliorés d'autant», affirme-t-il.

De plus, une hausse du nombre de médecins permettrait au réseau privé de se développer «sans qu'il n'y ait de danger qu'il cannibalise le réseau public», ajoute-t-il.

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Mais Roxane Borges Da Silva, professeure à l'Université de Montréal dont les recherches portent sur les soins de santé publics, estime de son côté que le Québec compte suffisamment de médecins et d'argent pour offrir de meilleurs soins.

Les médecins, croit-elle, doivent déléguer davantage de responsabilités à d'autres professionnels, comme les infirmières, les psychologues ou les nutritionnistes.

«Nous devons encourager la collaboration, a-t-elle noté. Je suis contre l'idée d'augmenter le nombre de médecins et en faveur de déléguer davantage de tâches à d'autres professionnels médicaux du réseau de la santé.»

L'avocat Eric Maldoff, ancien président de l'Hôpital de Montréal pour enfants, pense de son côté que les deux parties ont partiellement raison au sujet du nombre de médecins dans la province.

Selon lui, «la distribution des médecins est inégale» à travers la province.

Il croit que le Québec pourrait profiter du développement du réseau privé. Par exemple, souligne-t-il, dans d'autres pays, les médecins doivent obligatoirement travailler un nombre minimum d'heures dans le secteur public, chaque semaine, mais peuvent ensuite pratiquer dans le privé s'ils le désirent.

Une porte-parole du ministre Barrette, Catherine Audet, a déclaré par courriel qu'un million de Québécois de plus ont obtenu un médecin de famille depuis l'arrivée du ministre en 2014 et que les temps d'attente à l'urgence à travers la province ont diminué de trois heures, en moyenne.

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