POLITIQUE
15/03/2018 11:58 EDT | Actualisé 15/03/2018 15:21 EDT

Jean-François Lisée ne digère pas une lettre de Manon Massé parue le 8 mars sur les «boys club»

«Depuis 30 ans, c'est la même clique qui se passe la rondelle du pouvoir», avait-elle écrit.

Jean-Francois Lisée durant la période de questions du 14 mars 2018.
La Presse canadienne/Jacques Boissinot
Jean-Francois Lisée durant la période de questions du 14 mars 2018.

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, ne digère tout simplement pas une lettre de Manon Massé qui semble associer les chefs politiques au camouflage de scandales sexuels.

La députée de Québec solidaire a pris la plume le 8 mars dernier à l'occasion de la Journée internationale des femmes. Elle a publié un texte dans Le Devoir, dans lequel elle dénonce le fait que "depuis 30 ans, c'est la même clique qui se passe la rondelle du pouvoir".

Des chefs comme Philippe Couillard, François Legault et Jean-François Lisée font partie de cette clique depuis trop longtemps, a-t-elle écrit. Ils font partie d'un "boys club" qui "laisse les infirmières s'épuiser et se tuer à la tâche, pour des peanuts".

Pire, poursuit-elle, "ce sont eux qui essaient de camoufler leurs scandales sexuels tout en refusant de débloquer des budgets adéquats pour lutter contre les violences sexuelles".

C'en était trop pour le chef du PQ, qui a dénoncé, jeudi, le texte de Mme Massé comme étant "profondément choquant et injurieux".

"C'est une lettre qui accuse tous les hommes de ne pas accompagner le combat des femmes et des LGBT vers plus d'égalité", s'est-il indigné en mêlée de presse à l'Assemblée nationale.

M. Lisée a souligné qu'il avait oeuvré comme conseiller de Jacques Parizeau et qu'ils avaient fait de l'équité salariale un projet de société. Il a également été conseiller de Lucien Bouchard, qui a doté le Québec d'une politique familiale, "la meilleure en Amérique du Nord", selon lui.

"De se faire dire par Mme Massé que tous ces gens-là depuis 30 ans font partie d'une clique de "boys club", ça nuit à la cause des femmes, a-t-il déclaré. Ce n'est pas en excluant ses alliés, ce n'est pas en refusant les alliances, ce n'est pas en injuriant ceux qui ont fait en sorte qu'il y ait des avancées pour les femmes, qu'on fait avancer la cause des femmes", a-t-il martelé.

M. Lisée reprenait en quelque sorte les arguments de sa candidate dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Jennifer Drouin, qui a dit avoir été "estomaquée" en tant que "féministe et lesbienne" de lire "la charge anti-hommes" publiée par Manon Massé.

Tous les gains obtenus par les femmes, au Québec comme ailleurs dans le monde, ont été réalisés par l'alliance de féministes avec des hommes réformistes et progressistes, a-t-elle écrit à son tour dans Le Devoir.

Jeudi, le député de Québec solidaire Amir Khadir a dit endosser "à 100 pour cent" les propos de sa collègue.

"Manon fait très oeuvre utile de continuer dans la même lancée qu'on a toujours faite, mais de dire: "Voici. Il faut nommer les responsables". Si on ne les nomme pas, on ne réglera pas les problèmes", a-t-il déclaré.

"Il faut arrêter cette espèce d'hypocrisie collective où tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Si les choses ne changent pas réellement, il y a une responsabilité. C'est que des gens en position de décider n'ont pas pris les bonnes décisions. Et Manon Massé dit que c'est le "boys club" qui détient le pouvoir politique", a-t-il ajouté.

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