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14/03/2018 10:11 EDT | Actualisé 14/03/2018 13:27 EDT

Theresa May accuse Moscou de tentative de meurtre et expulse 23 diplomates russes

La première ministre de la Grande-Bretagne a aussi annulé tous les échanges bilatéraux de haut niveau entre son pays et la Russie.

La Russie est coupable de tentative de meurtre après l'attaque contre l'ancien espion Sergueï Skripal et sa fille, a déclaré mercredi la première ministre britannique Theresa May.

Elle a également annoncé l'expulsion de 23 diplomates russes en lien avec cette affaire, soit l'expulsion la plus importante depuis la fin de la guerre froide. Ces 23 diplomates sont dorénavant considérés comme étant des agents du renseignement non déclarés.

Mme May a déclaré devant la Chambre des communes que Moscou a réagi avec "dédain" aux demandes de Londres pour une explication. Elle a dit que les actions de la Russie constituent "un recours illégal à la force".

Elle a prévenu que les diplomates ont une semaine pour quitter le pays.

L'invitation faite au ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, de visiter le Royaume-Uni a été annulée. Mme May a prévenu que les ministres de son gouvernement et les membres de la famille royale n'assisteront pas à la Coupe du monde de football en Russie cet été.

La première ministre britannique a annulé tous les échanges bilatéraux de haut niveau entre son pays et la Russie. Elle a dit que Londres sévira à l'endroit de l'argent russe d'origine douteuse et qu'il se dotera de nouveaux moyens pour punir ceux qui contreviennent aux droits de la personne.

"Nous gèlerons les biens de l'État russe là où nous découvrirons qu'ils peuvent être utilisés pour menace la vie ou la propriété des ressortissants britanniques ou des résidants du Royaume-Uni", a-t-elle dit, sans fournir plus de détails.

Mme May a annoncé ces mesures après que le Kremlin eut fait fi de sa demande d'expliquer, avant minuit, comment un agent neurotoxique développé par l'Union soviétique a pu être utilisé contre M. Skripal et sa fille.

"C'est un affront à l'interdiction d'utiliser des armes chimiques, a lancé la première ministre. C'est aussi un affront au système fondé sur les règles dont nous et nos partenaires internationaux dépendons."

Londres avait précédemment demandé une rencontre urgente du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'informer des développements survenus dans son enquête sur l'attaque à l'agent neurotoxique.

M. Skripal et sa fille Ioulia sont actuellement hospitalisés dans un état critique dans un hôpital de la ville de Salisbury.

L'ambassadeur russe au Royaume-Uni a accusé Londres de "provocation". Alexander Yakovenko a dit que l'expulsion des 23 diplomates est hostile et inacceptable.

La Russie a prévenu qu'elle collaborera à l'enquête seulement si on lui fournit un échantillon de l'agent neurotoxique en question, ce que Londres aurait jusqu'à présent refusé de faire. Moscou croit que le produit provient peut-être d'une autre ancienne république soviétique _ ce qui pointe direction de son ennemi ukrainien.

Le patron d'une agence russe affirme que l'agent neurotoxique soviétique qui aurait été utilisé selon Londres, le Novichok, n'est pas interdit par la Convention sur les armes chimiques qui est entrée en vigueur en 1997. Vladimir Uiba a toutefois refusé de dire si la Russie a hérité des stocks de l'Union soviétique et, le cas échéant, s'ils ont été détruits.

Le ministre russe Denis Manturov avait déclaré quelques heures plus tôt que la Russie a complété la destruction de son arsenal chimique l'an dernier, en vertu de la convention.