POLITIQUE
14/03/2018 13:48 EDT | Actualisé 14/03/2018 13:50 EDT

La Ville de Montréal modifie son programme de cuisine de rue

Les emplacements jugés problématiques ont été améliorés.

Germain Goyer

Montréal pourra-t-elle éviter la «catastrophe» annoncée cet automne par les propriétaires de camions de cuisine de rue? La Ville a annoncé aujourd'hui d'importants changements dans les emplacements disponibles pour les camions, espérant ainsi éliminer un important irritant.

En novembre, le HuffPost Québec dévoilait d'importants problèmes dans la gestion de ce programme, qui a cours depuis 2013. Les restaurateurs n'arrivaient pas à rentabiliser les emplacements offerts par la Ville et plusieurs songeaient à abandonner le programme municipal.

Mercredi, le comité exécutif de la Ville a entériné plusieurs changements. Les emplacements les moins rentables seront abandonnés au profit de huit nouveaux sites et certains emplacements ont été légèrement déplacés afin de profiter au maximum de l'achalandage. Le tarif a aussi été revu à 30$ par jour, alors qu'il variait entre 10$ et 40$ selon l'emplacement.

Sites à fort potentiel

«L'emplacement au Square Dorchester est de retour, après avoir été retiré pendant deux ans. Ça a toujours été un site très rentable pour les restaurateurs de rue alors c'est une très bonne nouvelle», se réjouit Gaëlle Cerf, vice-présidente de l'Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ) et force-vive derrière la mise en place de ce programme.

Mme Cerf note aussi l'ajout d'un emplacement sur le boulevard Saint-Laurent, près du Club Soda.

«Ce sera intéressant de voir si on va pouvoir profiter de la clientèle de soirée. Actuellement, la plupart des propriétaires se concentrent sur la clientèle du midi», dit-elle, soulignant que le règlement municipal leur permet seulement d'opérer jusqu'à 23h.

Mme Cerf et son association ont participé au choix des sites afin de maximiser leur potentiel pour les restaurateurs de rue.

Processus simplifié

D'autres tracas administratifs ont également été retirés du processus d'inscription. La Ville a notamment remplacé le comité de sélection par un simple formulaire afin de réduire les délais. Les camions seront sélectionnés selon le pointage obtenu.

Les camions pourront également réserver plus fréquemment les sites les plus prisés. L'an dernier, ils devaient attendre deux semaines entre deux visites au Square Victoria, par exemple. Ce délai a été réduit à une semaine.

Le délai de une semaine pour les autres sites a été éliminé.

Le Plateau toujours absent

Au total, 19 sites seront disponibles au centre-ville et 11 autres le seront dans les autres arrondissements.

Mme Cerf déplore toutefois que certains arrondissements soient très réfractaires au programme de cuisine de rue. Le Plateau-Mont-Royal refuse notamment d'y participer. Elle aimerait que les camions aient accès au boulevard Saint-Laurent, entre autres.

Certains déçus

Les changements ne font pas que des heureux. Contactée par le HuffPost Québec, Anissa Benomar, propriétaire de Gaufrabec, déplore que la Ville continue essentiellement le même modèle que l'an dernier. Elle aurait souhaité une libéralisation du programme, semblable à ce qui a été fait à Toronto.

«C'est dommage, ils ont suivi les recommandations de l'ARRQ», affirme Mme Benomar, qui est plutôt critique à l'égard de l'association.

Mme Benomar a obtenu une rencontre avec le responsable du programme, Robert Beaudry, en compagnie d'autres propriétaires de camions, mais n'a pas réussi à faire valoir son option.

La restauratrice a d'ailleurs décidé de remiser son camion après avoir été une des premières à participer au programme. Pour expliquer sa faillite, elle cite la non-rentabilité du programme combinée à des facteurs personnels.

La nouvelle saison de cuisine de rue sera lancée le 1er avril.