POLITIQUE
14/03/2018 20:08 EDT | Actualisé 15/03/2018 06:51 EDT

Ex-espion russe: Trudeau parle d'une attaque «odieuse et inacceptable»

Il affirme s'être entretenu avec la première ministre britannique.

THE CANADIAN PRESS/Michael Bell

Le premier ministre Justin Trudeau affirme que l'implication probable de la Russie dans l'attaque chimique contre l'un de ses anciens espions au Royaume-Uni doit être condamnée avec la plus grande fermeté.

Mercredi, en visite à Regina, en Saskatchewan, M. Trudeau a parlé d'une attaque "odieuse et inacceptable".

M. Trudeau a dit s'être entretenu avec la première ministre britannique Theresa May pour offrir le soutien du Canada, disant que le Canada était au côté de son "ami et allié" dans cette affaire.

Mme May a annoncé l'expulsion de 23 diplomates russes, l'interruption de liens politiques de haut niveau avec la Russie et a promis des actions directes et indirectes contre l'ingérence du Kremlin.

La première ministre a aussi annoncé une série de mesures économiques et diplomatiques.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland avait dit plus tôt mercredi que le Canada condamnait ce qu'elle a qualifié d'"utilisation odieuse d'un agent chimique sur le territoire souverain du Royaume-Uni".

La Russie est soupçonnée d'avoir utilisé un agent neurotoxique pour assassiner l'ancien espion Sergueï Skripal. L'homme de 66 ans et sa fille de 33 ans sont maintenant hospitalisés dans un état critique, dans la ville britannique de Salisbury.

Le Kremlin a déclaré qu'il ne collaborera pas à l'enquête tant qu'on ne lui aura pas fourni un échantillon de l'agent neurotoxique, ce que Londres aurait jusqu'à présent refusé de faire.

L'ambassade russe au Royaume-Uni a prévenu mardi que d'éventuelles sanctions ne resteront pas sans réponse.

"Le Canada offre un soutien sans réserve au Royaume-Uni et appelle tous les États à coopérer pleinement avec les enquêteurs britanniques", a dit Mme Freeland.

Le gouvernement russe a réfuté vigoureusement les accusations. Moscou a promis de ne pas rester les bras croisés face à des mesures punitives, évoquant la possibilité de chasser des médias étrangers de la Russie si des mesures devaient être prises contre Russia Today, assimilé à un réseau de propagande.

Concernant les mesures britanniques, la Russie a affirmé que sa "réponse ne tarderait pas".

La Russie a aussi fait une déclaration après les condamnations de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland: "Nous regrettons son soutien précipité aux accusations non fondées et inacceptables... Le jeu des reproches des Britanniques basé sur le mot "probable", et pas sur une enquête fiable, des faits concrets et des procédures internationales appropriées, est hautement répréhensible et extrêmement contreproductif."

Le président américain Donald Trump a affirmé qu'il accepterait les conclusions du Royaume-Uni. D'autres membres de son administration ont été plus virulents dans des déclarations publiques. Aux Nations unies, l'ambassadrice américaine Nikki Haley a parlé d'un moment critique pour l'organisation internationale.

Mme Haley a affirmé qu'échouer à agir face à cette situation risquait d'encourager la Russie et d'autres acteurs malveillants à utiliser des agents chimiques dans des attaques similaires n'importe où dans le monde.

"Ils pourraient être utilisés ici à New York. Ou dans n'importe quelles villes ou n'importe quels pays qui siègent à ce conseil", a-t-elle déclaré.

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