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14/03/2018 11:07 EDT | Actualisé 14/03/2018 15:31 EDT

450 M$ sur 5 ans pour régler les retards dans les trains de banlieue

Les clients lésés seront compensés grâce à un nouveau programme de garantie de service

Olivier Robichaud

Le réseau de trains de banlieue nécessitera des investissements de 450 M$ sur cinq ans afin de réduire les importants retards qui gangrènent notamment la ligne Deux-Montagnes. Et ce, alors que cette ligne sera remplacée par le Réseau express métropolitain (REM) au cours des prochaines années.

Le Réseau de transport métropolitain (RTM) a été vertement critiqué au cours des derniers mois à cause des retards qui s'accumulent. La ligne Deux-Montagnes a rarement atteint son objectif de 95% de ponctualité depuis le début de l'année.

Mercredi, le RTM a annoncé son plan d'action pour régler le problème. On note des travaux de mise à niveau des locomotives MR90, utilisées sur la ligne Deux-Montagnes et pointées du doigt à cause de problèmes de gel lors de grands froids.

Les ponts ferroviaires de cette ligne seront aussi renforcés et des travaux seront faits sur les infrastructures électriques.

Raymond Bachant, directeur général du RTM, souligne que plusieurs projets de rénovation concernant la ligne Deux-Montagnes ont été mis de côté au cours des dernières années. La mise à niveau des MR90 a notamment été annulée lorsque la Caisse de dépôt et placement du Québec a annoncé que le REM passera par cette voie.

«La ligne Deux-Montagnes a définitivement manqué d'amour», lance-t-il.

Les interventions sur cette ligne coûteront un peu moins de 31 M$. À cela s'ajoutent 25,5 M$ pour augmenter les inspections hivernales sur toutes les lignes.

Usagers compensés

Le RTM a aussi annoncé la mise en place prochaine d'un programme de garantie de service, qui comprendra une compensation pour les usagers affectés par les retards. Les usagers du train pourront bénéficier d'un rabais de 30% lorsqu'ils achèteront leur prochain titre de transport.

Selon le journal 24 Heures, une menace de recours collectif planait sur le RTM à cause des retards de cet hiver.

En 2014, la défunte Agence métropolitaine de transport a dû payer des centaines de milliers de dollars aux usagers affectés par des problèmes survenus en 2009.

Investir en fin de vie?

En conférence de presse, M. Bachant a essuyé plusieurs questions sur la ponctualité de ses trains. Plusieurs personnes voulaient savoir pourquoi les problèmes ont été si importants en 2018, notamment lors des grands froids et des importantes bordées de neige du mois de janvier.

«La situation qu'on a connue en début d'année était particulièrement exigeante parce qu'on a eu, dans les trois premières semaines, 12 jours où la température a chuté en bas de -20 degrés. On a eu des chutes de neige importantes, de la pluie, du verglas. Ça a gelé, ça a reneigé», dit-il.

Alors pourquoi investir autant alors que la ligne Deux-Montagnes passera aux mains du REM dans quelques années seulement? M. Bachant compare la situation à celle du pont Champlain.

«Ils sont en train de construire une nouvelle structure, mais ils doivent aussi investir pour s'assurer que l'ancien pont soit sécuritaire jusqu'à la fin», lance-t-il.

Prévoir l'arrivée du REM

M. Bachant souligne également que les investissements sur la ligne Deux-Montagnes totalisent seulement quelques millions. La part du lion sera investie sur le reste du réseau, notamment en prévision de l'arrivée du REM.

Un nouveau garage devra notamment être construit pour desservir la ligne Mascouche, puisque ses trains n'auront plus accès au tunnel du mont Royal. Il coûtera 53 M$.

Le RTM achètera aussi 50 nouveaux véhicules. Une vingtaine de locomotives seront remplacées et envoyées sur les autres lignes après la perte de la ligne Deux-Montagne, alors que 10 autres serviront à remplacer les locomotives F59PH, âgées de plus de 30 ans. Vingt voitures à deux niveaux seront réparties sur l'ensemble des lignes.

Ces acquisitions coûteront au total 358 M$. Ils permettront au RTM de se bâtir une réserve de véhicules qui pourront être mis en service lorsque d'autres nécessitent des réparations.

M. Bachant souligne que cette réserve est inexistante depuis que le RTM a envoyé une dizaine de voitures à deux niveaux pour désengorger la ligne Deux-Montagnes.

L'ensemble des investissements nécessiteront l'approbation de l'Autorité régionale de transport métropolitain, responsable de la planification des transports, et du ministère des Transports, qui financera l'essentiel des projets.

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