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12/03/2018 11:33 EDT | Actualisé 12/03/2018 11:38 EDT

Un «potentiel de progrès rapides» grâce au dialogue avec la Corée du Nord, selon l'ONU

Mais les droits de l'Homme ne doivent pas être mis de côté dans les négociations

Le rapporteur de l'ONU sur les droits de l'Homme en Corée du Nord a affirmé lundi qu'il y avait un "potentiel de progrès rapides" après l'annonce d'un sommet entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un.

"Nous observons ce qui semble être un potentiel pour des progrès rapides sur les fronts politique et sécuritaire, avec progressivement des canaux de communication qui se développent entre les deux Corées et avec les Etats-Unis, et des projets de sommets historiques dans un avenir proche", a déclaré Tomas Ojea Quintana, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève.

Toutefois, a-t-il dit, "mon principal message aujourd'hui est que toute avancée du dialogue sur la sécurité doit s'accompagner d'un élargissement parallèle du dialogue sur les droits de l'Homme".

"Les droits de l'Homme ne doivent pas être mis de côté dans les négociations", a-t-il insisté, lors d'une conférence de presse.

Le président américain a accepté la semaine dernière de rencontrer le leader nord-coréen d'ici à la fin mai pour discuter de dénucléarisation, un sujet que Pyongyang accepterait d'aborder en échange de garanties sur sa sécurité.

"J'espère que cela apportera des résultats positifs dans un avenir proche", a souligné M. Ojea Quintana.

L'expert de l'ONU a présenté lundi son rapport au Conseil des droits de l'Homme, dans lequel il juge qu'un "dialogue significatif" avec Pyongyang est "possible" et évoque des "opportunités encourageantes" de coopération.

Dans ce document, l'expert argentin explique qu'"après des décennies d'isolement et des possibilités limitées en matière de suivi et de coopération technique, le pays a entamé un dialogue" avec diverses procédures onusiennes en matière de droits de l'Homme, "ce qui semblait improbable il y a quelques années seulement" et "pourrait offrir des opportunités encourageantes pour une coopération accrue".

Cet "engagement est positif, mais le défi consistant à vérifier sur le terrain la mise en oeuvre de leurs engagements est toujours là", a relevé le rapporteur spécial.

Malgré ses demandes répétées, le rapporteur n'a pas reçu le feu vert de Pyongyang pour se rendre en Corée du Nord. Pyongyang a décidé depuis 2016 de ne plus participer aux discussions la ciblant au sein du Conseil des droits de l'Homme, estimant que cette instance est politiquement motivée.

En mai 2017, les autorités nord-coréennes ont en revanche accepté d'accueillir pour la première fois un rapporteur de l'ONU chargé d'enquêter sur les personnes handicapées.

Le rapport présenté lundi dresse un tableau assez sombre de la situation en Corée du Nord, avec la persistance de "sérieuses violations des droits de l'Homme aggravées par un climat de volatilité politique et de rhétorique de conflit" avec les Etats-Unis.