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12/03/2018 20:14 EDT | Actualisé 18/04/2018 13:58 EDT

Lutte aux plastiques: le Canada serait mal placé pour mener la charge

Selon un professeur en études environnementales.

THE CANADIAN PRESS/Justin Tang

Un professeur en études environnementales estime que le Canada est un peu mal placé pour tenter de convaincre ses partenaires du G7 d'adopter d'ambitieux objectifs de recyclage et de réduction des déchets de matière plastique.

Tony Walker, professeur à l'Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, rappelle que le Canada traîne derrière plusieurs autres pays à ce chapitre. Il soutient qu'au moins 40 pays dans le monde ont déjà adopté une politique nationale pour réduire l'utilisation d'articles de plastique à usage unique tels les bouteilles, les pailles, les assiettes et les sacs d'emplettes.

La ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, a déclaré jeudi dernier que lors du prochain sommet du G7, en juin à La Malbaie, elle visait l'adoption d'une «charte zéro-déchets de plastique», idée évoquée pour la première fois par le premier ministre Justin Trudeau au début de l'année.

Dans un article publié par la revue «Resources, Conservation and Recycling», le professeur Walker soutient que le Canada serait beaucoup mieux placé s'il avait déjà lui-même adopté une stratégie nationale pour bannir les sacs de plastique. Plusieurs municipalités ont certes banni les sacs de plastique mince, notamment Montréal, mais M. Walker soutient que cette approche morcelée n'encourage pas les manufacturiers à produire des sacs qui soient plus faciles à recycler.

Le professeur Walker plaide que le Canada interdira déjà, à compter de juin, la vente de produits comme le dentifrice et le gel de douche qui contiennent des microbilles, ces particules microscopiques de plastique qui se retrouvent ensuite dans les cours d'eau et les océans. Or, les sacs de plastique et les pailles se retrouvent aussi dans les océans, et M. Walker se demande pourquoi le Canada ne peut appliquer la même Loi sur la protection de l'environnement dans ce cas-ci.

L'Union européenne a proposé en janvier une stratégie pour que ses membres recyclent 100 pour cent des produits de plastique d'ici 2030. En France, on souhaite que 50 pour cent de la vaisselle jetable soit compostable d'ici 2020, et 60 pour cent d'ici 2025. En Grande-Bretagne, on a réduit les sacs de plastique à usage unique de 85 pour cent lorsqu'on a commencé à facturer cinq pence (moins de 10 cents) le sac en 2015. Au Kenya et au Rwanda, on peut être emprisonné pour avoir importé ou vendu des sacs de plastique. Taïwan a annoncé en février que les sacs de plastique à usage unique seront totalement interdits en 2030.

Au Canada, on estime que trois milliards de sacs de plastique sont utilisés chaque année; selon les environnementalistes, la plupart de ces sacs ont une vie utile de moins de 20 minutes, mais ils mettront des centaines d'années à se dégrader dans les sites d'enfouissement.

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