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12/03/2018 08:57 EDT | Actualisé 12/03/2018 08:58 EDT

Le Front national ne pourra pas utiliser le nom «Rassemblement national», selon le propriétaire de ce nom

Ceci rappelle l'histoire de «Mouvement Montréal».

Inimaginable. Alors que le Front national et sa présidente Marine Le Pen évoquaient depuis des semaines le Congrès de Lille qui s'est tenu ces 10 et 11 mars, ainsi que le changement de nom du parti d'extrême droite, la nouvelle appellation qui a été choisie... n'est pas disponible.

En effet, immédiatement après la proposition de la candidate vaincue de la dernière présidentielle de rebaptiser le FN en "Rassemblement national", il est apparu que le nom avait déjà été déposé auprès de l'Institut national de la propriété intellectuelle. Et via un communiqué diffusé sur Twitter ce dimanche, celui qui revendique cette appellation a expliqué qu'il ne comptait absolument pas le céder au Front national.

Il s'agit d'Igor Kurek, un gaulliste et ancien proche de Charles Pasqua, désormais à la tête d'un mouvement souverainiste, le "Rassemblement pour la France", mais aussi donc d'un "Rassemblement national". Le communiqué publié par le compte Twitter aux 300 abonnés du "RN" (dont Marine Le Pen) assure que le Front ne pourra pas utiliser son nouveau nom.

"La réalité: c'est que le Rassemblement national (RN) existe déjà... et continuera d'exister en présentant notamment des listes aux municipales de 2020", est-il notamment écrit dans le texte, qui précise aussi: "Le RN est de droite gaulliste et républicaine, le FN est d'extrême droite. Le FN ne sera jamais le RN et le RN ne sera jamais le FN."

Comme le relate L'Opinion, ce Rassemblement national d'Igor Kurek est une association loi de 1901, enregistrée dans les règles à la préfecture de Paris et qui a donc déjà présenté des candidats à des élections. Le journal précise aussi que le nom et son logo ont été déposés par un certain Frédérick Bigrat, pour le compte de Kurek en 2013... principalement pour nuire à Florian Philippot, alors numéro 2 du FN.

Et le RN ne se prive d'ailleurs pas d'ironiser sur cette situation ubuesque: "Le rassemblement national de l'amateurisme de la première opposante auto-proclamée", débute effectivement le texte. Pas sûr que le FN apprécie l'ironie de la situation.

Du déjà vu à Montréal

L'opposition montréalaise a vécu quelque chose de similaire plus tôt cet hiver lorsque le nom choisi pour remplacer «Équipe Denis Coderre» a été présenté au public. «Mouvement Montréal» devait fédérer les élus de l'opposition.

Cependant, le nom avait déjà été réservé auprès du Directeur général des élections du Québec. Un militant du Bloc Pot, Guillaume Blouin-Beaudoin, a réservé le nom auprès du DGEQ avant l'opposition officielle.

Le nom adopté par les élus a plutôt été «Ensemble Montréal», dirigé à l'hôtel de ville par Lionel Perez.

Ce texte, publié originalement dans le HuffPost France, a été adapté par le HuffPost Québec.