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09/03/2018 11:00 EST | Actualisé 09/03/2018 11:00 EST

La Croix-Rouge entre dans la Ghouta orientale, la violence reprend

13 camions chargés de biens ont atteint Douma, la plus grande ville de la région.

Des organisations humanitaires ont tenté vendredi d'exploiter une brève accalmie pour envoyer de l'aide vers la Ghouta orientale, mais leur mission a été interrompue par une reprise des violences peu après l'arrivée de leur personnel.

Les forces syriennes ont récemment capturé la moitié de la Ghouta orientale, la dernière banlieue de Damas contrôlée par l'opposition.

Le Comité international de la Croix-Rouge a annoncé qu'un convoi de 13 camions chargés de biens, dont suffisamment de vivres pour 12 000 personnes, est arrivé à Douma, la plus grande ville de la Ghouta orientale.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, a dit que Douma avait été bombardée avant l'arrivée des camions. Une fois les travailleurs humanitaires sur place, les forces gouvernementales auraient repris le bombardement des banlieues de la ville, selon l'organisation.

La situation est demeurée obscure pendant plusieurs heures, sans qu'on sache si la Croix-Rouge avait été en mesure de décharger les camions. Un travailleur humanitaire a ensuite annoncé que les camions avaient été déchargés et que le convoi avait pris le chemin du retour. Des images diffusées par la télévision syrienne semblaient le confirmer.

Un responsable local de la Croix-Rouge, Robert Mardini, avait précédemment lancé sur Twitter que le convoi «a été pris de court par la reprise de la violence». Il a demandé à tous les belligérants une trêve pour permettre à la Croix-Rouge, au Croissant-Rouge syrien et aux Nations unies d'aider les civils pris au piège par les combats.

Le groupe rebelle qui contrôle la Ghouta orientale, l'Armée d'Islam, a dit à l'Associated Press que les camions d'aide sont ciblés par le régime, «même s'ils ont informé les Russes de leur position».

Les camions transportaient des biens qui n'avaient pu être déchargés quand une première opération humanitaire a été écourtée lundi, quand la situation sécuritaire a commencé à se détériorer. Les camions patientaient depuis ce moment au point de passage de Wafideen.

Une porte-parole de la Croix-Rouge, Ingy Sedky, avait précédemment indiqué que la Croix-Rouge était entrée dans la Ghouta orientale après avoir reçu des «assurances de sécurité de la part de tous les belligérants qu'aucun incident ne se produirait pendant la présence de notre équipe».

Médecins sans frontières estime que les bombardements incessants ont fait au moins 1005 morts et 4829 blessés dans la Ghouta orientale entre le 18 février et le 3 mars. MSF a prévenu que le bilan réel est plus élevé, puisque deux hôpitaux n'ont pas fourni de données complètes.

Quelque 400 000 personnes seraient prisonnières de la Ghouta orientale.