POLITIQUE
06/03/2018 15:12 EST | Actualisé 06/03/2018 15:13 EST

Québec crée 2000 nouvelles places en services de garde et débloque les fonds pour 3800 autres

85 pour cent des 2000 nouvelles places vont à des Centres de la petite enfance (CPE).

FatCamera via Getty Images

Québec annonce la création de 2000 nouvelles places en services de garde et débloque finalement les fonds pour l'ajout de 3800 autres places dont le développement avait été bloqué pour des raisons financières.

Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a admis en faisant l'annonce, mardi à Montréal, que les fonds étaient déjà disponibles dans le budget de son ministère et qu'aucune nouvelle enveloppe n'était requise pour y arriver.

Après des années de soutien au développement de places en garderies privées non subventionnées, le gouvernement fait volte-face dans son approche et octroie 85 pour cent des 2000 nouvelles places à des Centres de la petite enfance (CPE), le reste allant à des garderies privées subventionnées.

Quant aux 3800 places qui pourront être créées, elles sont toutes destinées aux CPE qui avaient présenté des projets il y a quelques années et dont le développement était prévu pour 2015. Québec avait en mains 275 projets approuvés, dont 92 pourront aller de l'avant à la suite d'une réévaluation des besoins sur le territoire.

Les restrictions budgétaires et, surtout, les nouvelles règles de financement imposées aux CPE expliquent le retard dans la mise en oeuvre de ces projets.

Tous les projets de développement en CPE qui impliquent des immobilisations étaient autrefois financés à 100 pour cent par le gouvernement, mais celui-ci a décidé, au début du mandat des libéraux de Philippe Couillard, qu'il n'en financerait plus que la moitié, les CPE devant assumer l'autre moitié.

Le ministre Fortin a annoncé mardi que l'on n'exigerait plus que 25 pour cent du financement de la part des CPE et même que Québec absorberait la totalité des coûts d'immobilisation pour les projets situés dans des villes ou des quartiers défavorisés, dans les régions ressources et dans les milieux autochtones.

Luc Fortin était toutefois incapable de chiffrer le coût de l'annonce de mardi, affirmant que celui-ci dépendrait de la réponse des CPE pour les projets de développement.

L'Association québécoise des CPE a accueilli avec beaucoup de réserves cette annonce.

Son président-directeur général, Louis Senécal, qui était présent au CPE où elle a eu lieu, s'est certes réjoui de la création de 2000 nouvelles places, mais a rappelé que les 3800 autres accusaient au moins quatre ans de retard.

Selon lui, cet ajout demeure un «coup d'épée dans l'eau» par rapport aux besoins toujours existants des familles québécoises.

Par ailleurs, il n'a pas caché une certaine amertume de voir le gouvernement se targuer de réduire la contribution des CPE aux immobilisations à 25 pour cent, rappelant que c'était ce même gouvernement qui avait imposé une contribution qui n'existait pas du tout avant son arrivée au pouvoir.

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