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06/03/2018 08:50 EST | Actualisé 06/03/2018 08:50 EST

Londres promet une réponse «ferme» après l'empoisonnement présumé d'un ex-espion russe

«Je le dis aux gouvernements à travers le monde, aucune tentative de prendre une vie innocente sur le sol britannique ne restera impunie.»

Le gouvernement britannique a prévenu mardi qu'il répondrait "de façon appropriée et ferme" si un Etat était impliqué dans le mystérieux empoisonnement présumé d'un ex-agent russe au service du Royaume-Uni et sa fille, hospitalisés dans un état critique.

"Si l'enquête démontre la responsabilité d'un Etat, le gouvernement répondra de façon appropriée et ferme", a déclaré devant le Parlement britannique le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson.

Le chef de la diplomatie a confirmé que les deux personnes attaquées avec une substance inconnue à Salisbury (sud de l'Angleterre) et retrouvées inconscientes sur un banc d'un centre commercial dimanche étaient l'ex-espion russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Youlia, 33 ans.

"Je le dis aux gouvernements à travers le monde, aucune tentative de prendre une vie innocente sur le sol britannique ne restera impunie", a ajouté M. Johnson, faisant allusion à la Russie, déjà à plusieurs reprises désignée par le passé comme une menace par les autorités politiques et militaires britanniques.

Les circonstances de l'affaire ont immédiatement fait ressurgir le souvenir de la mort d'Alexandre Litvinenko, un ex-agent du FSB (services secrets russes) et opposant à Vladimir Poutine, empoisonné en 2006 à Londres au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique.

A Moscou, un porte-parole du Kremlin a affirmé n'avoir "aucune information". "Personne n'a pour l'instant demandé" à Moscou de participer à l'enquête, a-t-il dit, soulignant que "Moscou est toujours disposé à coopérer".

Les enquêteurs à Salisbury tentaient de déterminer l'origine et la nature de la "substance toxique" dont ont été victimes Sergueï Skripal et sa fille. Ces derniers restaient dans un état critique, en soins intensifs, selon la police du comté de Wiltshire.

La pittoresque commune du sud-ouest de l'Angleterre, surtout connue pour sa cathédrale, n'en revenait pas d'être plongée dans un mauvais roman d'espionnage.

"C'est une irruption plutôt horrible dans la vie d'une ville paisible", commentait à l'AFP le révérend Kelvin Inglis, 56 ans, vicaire de Salisbury.

Plusieurs membres des services de secours qui ont été en contact avec le couple ont été examinés et l'un d'entre eux restait en observation mardi, a précisé la police. La zone où il a été retrouvé, dans un centre commercial, était toujours interdite d'accès. A titre de précaution, un restaurant italien de la chaîne Zizzi a été fermé "en lien" avec l'affaire.