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05/03/2018 17:21 EST | Actualisé 05/03/2018 17:21 EST

Le Québec perd des plumes dans un bulletin du système judiciaire canadien

« Le citoyen québécois a en général l'impression que la police n'est pas très accessible».

Howard Grill via Getty Images

Le système judiciaire canadien a bénéficié depuis un an d'une légère baisse de la criminalité et d'une hausse du financement de l'aide juridique, révèle une étude, mais ces améliorations ont été éclipsées par une hausse des coûts, des délais plus longs et la surreprésentation chronique des Autochtones dans les prisons.

Dans son deuxième bilan du système de justice pénale canadien, l'Institut Macdonald-Laurier recommande au gouvernement d'investir davantage dans la cueillette d'information et dans l'analyse des données, afin de mieux cibler ce qui, depuis trop longtemps, ne va pas.

Le groupe de réflexion, établi à Ottawa, radiographie depuis 2016 le système judiciaire dans les provinces et territoires, en tenant compte de facteurs comme l'équité, l'efficacité, les coûts, la sécurité publique et l'accès à la justice. En 2017, l'Ontario est passé de la septième à la quatrième place, alors que le Québec a reculé de deux rangs, passant de la quatrième à la sixième place. L'Île-du-Prince-Édouard domine toujours le palmarès, fermé encore par le Manitoba.

Le rapport de l'Institut note par ailleurs le taux toujours alarmant des crimes violents dans les territoires — 10 fois supérieur à celui de certaines provinces.

De façon générale, la baisse du Québec dans le classement est notamment attribuable à des notes plus faibles au chapitre du soutien aux victimes, de l'accès à la justice et de l'efficacité du système judiciaire. Côté positif, l'Institut rappelle que le taux de crimes violents au Québec est l'un des plus faibles au pays, et que le taux de crimes contre la propriété y est le plus bas — ces taux sont d'ailleurs en forte baisse depuis 2012. Le taux de crimes violents classés y est aussi l'un des meilleurs de toutes les provinces, tout comme celui des défauts de comparaître.

Par contre, le Québec affiche l'un des pires taux d'affaires classées du côté des crimes non violents, et de loin le plus haut taux de personnes illégalement en liberté; ces taux sont par ailleurs en croissance constante depuis cinq ans. Le citoyen québécois a en général l'impression que la police n'est pas très accessible, et son opinion générale des policiers, du système judiciaire et des tribunaux se situe sous la moyenne canadienne.

À l'échelle du pays, le rapport de l'Institut signale que la confiance de la population face au système judiciaire est la plus faible au Manitoba, en Colombie-Britannique et au Québec, et la plus haute au Nouveau-Brunswick et en Ontario. Pour ce qui est de la police, les meilleurs scores sont observés en Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick, les plus faibles dans l'Île-du-Prince-Édouard, en Colombie-Britannique et au Québec.

Le taux d'incarcération des Autochtones est toujours très élevé partout au Canada, mais plus particulièrement au Manitoba, en Saskatchewan, en Ontario, en Colombie-Britannique et en Alberta, note le rapport de l'Institut.