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04/03/2018 15:30 EST | Actualisé 04/03/2018 15:30 EST

Ottawa tente de se faire rassurant sur l'apport du privé en aide internationale

Les critiques déplorent les façons de faire d'une nouvelle entité fédérale.

PC/Ryan Remiorz
Paul Lamontagne, directeur général FinDev Canada.

Le directeur général de la nouvelle entité du gouvernement fédéral sur l'aide internationale dit être déterminé à en faire un joueur dans les pays les plus pauvres où elle peut faire une différence dans la vie des gens.

Paul Lamontagne tente d'écarter les critiques relativement à l'Institut de financement du développement Canada (IFDC), qui exerce ses activités sous la marque de FinDev Canada. Ses détracteurs déplorent la façon de faire de créer un établissement qui prêtera de l'argent à des entreprises privées pour les aider à réduire la pauvreté dans les pays en développement.

Entre autres, des organismes humanitaires traditionnels soutiennent que les entreprises axées sur le rendement pour les actionnaires n'auront pas la volonté d'investir dans des pays ravagés par la guerre ou les catastrophes naturelles.

Néanmoins, d'autres acteurs affirment que sa création était attendue de longue date, puisque le Canada est le dernier pays du G7 à établir un tel organisme prêteur pour contribuer parallèlement au programme gouvernemental d'aide internationale ayant obtenu 2 milliards $ additionnels dans le budget fédéral dévoilé il y a quelques jours.

Plusieurs analystes affirment que sans les investissements massifs du secteur privé, les dépenses gouvernementales à elles seules laisseraient un trou d'environ 3000 milliards $ par rapport à l'objectif des Nations unies d'éradiquer la pauvreté mondiale d'ici 2030.

M. Lamontagne a fait valoir en entrevue à La Presse canadienne qu'il planifiait miser sur les petites et moyennes entreprises et qu'il ferait profiter l'organisation de son expérience pendant plus de dix ans à la tête d'un fonds de placement privé établi en Afrique du Sud qui ciblait les entrepreneurs dans les pays en développement.

«Quand je me lève le matin, je pense aux pays les moins développés, au milliard et plus de personnes dans le monde qui vivent encore avec moins de 2 $ par jour», a-t-il affirmé au téléphone depuis l'espace de bureau temporaire à Montréal qu'il utilise depuis l'annonce de sa nomination le mois dernier.

FinDev Canada, une filiale en propriété exclusive d'Exportation et développement Canada (EDC), aura son siège social à Montréal.

La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, a déjà soutenu qu'il s'agirait d'un partenaire important pour aider à générer de l'argent du secteur privé pour soutenir la politique étrangère à caractère féministe du gouvernement fédéral.

Le précédent gouvernement conservateur avait annoncé son intention en 2015 de créer cette filiale, et le gouvernement libéral a embrassé le projet à son arrivée au pouvoir. La nouvelle entité doit disposer d'un budget de 300 millions $.