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04/03/2018 21:38 EST | Actualisé 04/03/2018 21:43 EST

Le groupe Geloso cesse la production de sa boisson FCKD UP

M. Geloso a reconnu que son entreprise avait commis une erreur en tentant de faire concurrence avec la marque Four Loko.

Le groupe Geloso a décidé de cesser la production et de retirer des tablettes sa boisson sucrée alcoolisée FCKD UP, a annoncé dimanche soir son coprésident Aldo Geloso.

Dans un courriel transmis à différents médias, dont La Presse canadienne, M. Geloso dit avoir ordonné à ses employés "l'arrêt immédiat de la production de la boisson FCKDUP".

Cette décision survient alors que plusieurs intervenants réclament l'intervention des gouvernements pour mieux contrôler la vente des boissons énergisantes alcoolisées à la suite de la mort tragique d'une adolescente de 14 ans, Athena Gervais, à Laval, la semaine dernière.

M. Geloso a écrit que l'entreprise "entreprendra (dès ce soir) les démarches nécessaires avec ses équipes internes, les détaillants et toute l'industrie pour nous sortir complètement de cette catégorie le plus rapidement possible".

Il a aussi reconnu que son entreprise avait commis une erreur en tentant de faire concurrence avec la marque Four Loko, une autre boisson alcoolisée énergisante arrivée sur le marché québécois l'an dernier, dont le taux d'alcool est de 11,9 pour cent.

En novembre, la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec avait enjoint l'embouteilleur québécois de la Four Loko, la Cidrerie Solar, "de cesser immédiatement la fabrication, la vente et toute publicité de ce produit". L'alcool s'y trouvant ne provenait pas de la fermentation de la matière première mais plutôt d'un ajout direct d'alcool. Ce produit ne pouvait pas être vendu dans les épiceries de la province.

M. Geloso soutient que son entreprise avait des "réticences" en offrant son propre produit, le FCKD UP, pour faire concurrence au Four Loko.

Il a aussi rappelé que "le public-cible quant à la commercialisation de ce produit a toujours été le groupe 18-25 ans".

Demande d'intervention

Plus tôt, le sénateur André Pratte avait demandé l'intervention de la ministre fédérale de la Santé sur la vente de boissons énergisantes alcoolisées.

Le sénateur écrit à Ginette Petitpas Taylor pour lui demander de "se pencher dès que possible sur les risques que pourraient présenter" ces boissons pour la santé des jeunes.

Dans une lettre dévoilée dimanche _ et datée du 5 mars _, M. Pratte parle de "circonstances troublantes", bien que les causes exactes de la mort de l'adolescente n'aient pas encore été établies.

Le résultat des analyses toxicologiques sur le corps d'Athena Gervais n'a pas encore été dévoilé, mais selon les informations de "La Presse", la jeune fille et ses amis auraient volé des cannettes de la boisson sucrée alcoolisée FCKD UP dans un Provi-Soir près de l'école à l'heure du dîner lundi et en auraient bu. Couche-Tard, à qui la chaîne Provi-Soir est affiliée, a annoncé vendredi soir le retrait immédiat de la boisson FCKD UP de tous ses magasins.

Le sénateur écrit qu'il n'est pas normal qu'à l'heure du midi, des adolescents puissent se procurer "au dépanneur du coin un breuvage à forte teneur en alcool et s'intoxiquent au point de ne pas être en mesure de rentrer à leurs cours pour l'après-midi".

M. Pratte fait valoir que cette situation "doit nous porter tous à réfléchir et, pour ceux qui détiennent des leviers, à agir".

"En principe, souligne M. Pratte, ces boissons ne sont vendues qu'aux personnes âgées de 18 ans et plus; mais leur marketing vise de toute évidence des personnes plus jeunes, et celles-ci trouvent le moyen d'y avoir accès."

Concernant une possible intervention du fédéral, le sénateur Pratte évoque notamment des limites quant à la concentration d'alcool et au format des cannettes, ainsi que de nouvelles restrictions relatives au mélange sucre, caféine et alcool.

Samedi, Éduc'alcool avait aussi interpellé Santé Canada pour que le ministère encadre davantage la vente de boissons énergisantes alcoolisées. Selon Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool, il est temps que le gouvernement fédéral s'implique pour encadrer davantage ces produits qui sont jugés dangereux par les experts.

Dans un courriel transmis à La Presse canadienne en fin d'après-midi, samedi, Santé Canada, après avoir rappelé que la commercialisation des boissons alcoolisées et les restrictions au point de vente au Canada relèvent généralement de la compétence des provinces et des territoires, a dit "travailler déjà avec le gouvernement du Québec afin de se pencher sur la question".