POLITIQUE
04/03/2018 14:50 EST | Actualisé 04/03/2018 14:50 EST

Le sénateur André Pratte écrit à la ministre fédérale concernant les boissons énergisantes alcoolisées

Le décès d'Athena Gervais «doit nous porter tous à réfléchir et, pour ceux qui détiennent des leviers, à agir».

YouTube/Real FckdUP

Le sénateur André Pratte demande l'intervention de la ministre fédérale de la Santé sur la vente de boissons énergisantes alcoolisées.

À la suite de la mort tragique d'Athena Gervais, 14 ans, survenue à Laval la semaine dernière, le sénateur écrit à Ginette Petitpas Taylor pour lui demander de «se pencher dès que possible sur les risques que pourraient présenter» ces boissons pour la santé des jeunes.

Dans une lettre dévoilée dimanche — et datée du 5 mars —, M. Pratte parle de «circonstances troublantes», bien que les causes exactes de la mort de l'adolescente n'aient pas encore été établies.

Le résultat des analyses toxicologiques sur le corps d'Athena Gervais n'a pas encore été dévoilé, mais selon les informations de La Presse, la jeune fille et ses amis auraient volé des cannettes de la boisson sucrée alcoolisée FCKD UP dans un Provi-Soir près de l'école à l'heure du dîner lundi et en auraient bu. Couche-Tard, à qui la chaîne Provi-Soir est affiliée, a annoncé vendredi soir le retrait immédiat de la boisson FCKD UP de tous ses magasins.

Le sénateur écrit qu'il n'est pas normal qu'à l'heure du midi, des adolescents puissent se procurer «au dépanneur du coin un breuvage à forte teneur en alcool et s'intoxiquent au point de ne pas être en mesure de rentrer à leurs cours pour l'après-midi».

M. Pratte fait valoir que cette situation «doit nous porter tous à réfléchir et, pour ceux qui détiennent des leviers, à agir».

«En principe, souligne M. Pratte, ces boissons ne sont vendues qu'aux personnes âgées de 18 ans et plus; mais leur marketing vise de toute évidence des personnes plus jeunes, et celles-ci trouvent le moyen d'y avoir accès.»

Concernant une possible intervention du fédéral, le sénateur Pratte évoque notamment des limites quant à la concentration d'alcool et au format des cannettes, ainsi que de nouvelles restrictions relatives au mélange sucre, caféine et alcool.

Samedi, Éduc'alcool avait aussi interpellé Santé Canada pour que le ministère encadre davantage la vente de boissons énergisantes alcoolisées. Selon Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool, il est temps que le gouvernement fédéral s'implique pour encadrer davantage ces produits qui sont jugés dangereux par les experts.

Aldo Geloso, coprésident du groupe Geloso qui est propriétaire de la marque FCKD UP, s'est dit ouvert à retirer le produit, mais «de concert avec les autres producteurs». Dans une déclaration écrite transmise à La Presse canadienne, M. Geloso s'est engagé à «travailler à une refonte complète du marketing» de ce produit.

Dans un courriel transmis à La Presse canadienne en fin d'après-midi, samedi, Santé Canada, après avoir rappelé que la commercialisation des boissons alcoolisées et les restrictions au point de vente au Canada relèvent généralement de la compétence des provinces et des territoires, a dit «travailler déjà avec le gouvernement du Québec afin de se pencher sur la question».