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03/03/2018 10:53 EST | Actualisé 03/03/2018 11:46 EST

FCKD UP: Éduc'alcool appelle Santé Canada à intervenir

Le décès d'Athena Gervais a créé une onde de choc.

Police de Laval

Éduc'alcool interpelle Santé Canada pour qu'il encadre davantage la vente de boissons énergisantes alcoolisées, qui pourraient être liées au décès accidentel d'une adolescente de 14 ans à Laval, survenu plus tôt cette semaine.

Le résultat des analyses toxicologiques sur le corps d'Athena Gervais n'a pas encore été dévoilé, mais selon les informations de La Presse, la jeune fille et ses amis auraient volé des cannettes de la boisson sucrée alcoolisée FCKD UP dans un Provi-Soir près de l'école à l'heure du dîner lundi et en auraient bu.

Dans la foulée de ce drame, Couche-Tard, à qui la chaîne Provi-Soir est affiliée, a annoncé vendredi soir le retrait immédiat de la boisson FCKD UP de tous ses magasins. Citant "les événements survenus dans les dernières heures", le géant du commerce d'accommodation a indiqué dans un communiqué qu'il avait pris la décision de "volontairement retirer de ses tablettes" ce produit, et ce, même si sa vente est légalement permise.

Aldo Geloso, coprésident du groupe Geloso qui est propriétaire de la marque FCKD UP a transmis ses condoléances à la famille de la victime et s'est dit ouvert à retirer le produit, mais "de concert avec les autres producteurs". Dans une déclaration écrite transmise

à La Presse canadienne, M. Geloso s'est engagé à "travailler à une refonte complète du marketing" de ce produit.

Il a aussi appelé les autorités à mettre sur pied un groupe de concertation pour trouver des solutions afin de dissuader les mineurs à consommer cette boisson.

Or, selon Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool, il est temps que le gouvernement fédéral s'implique pour encadrer davantage ces produits qui sont jugés dangereux par les experts.

Selon M. Sacy, une seule cannette de ce type de boissons équivaut

à quatre consommations alcoolisées. De plus, les effets de l'alcool sont camouflés par la guarana, une substance qui contient une forte teneur en caféine, selon Santé Canada.

Le directeur général exhorte donc le gouvernement fédéral de mieux encadrer ces produits. Il suggère notamment de diminuer leur teneur en alcool et de rendre leur emballage moins attrayant. Selon lui, ces boissons devraient peut-être se retrouver seulement dans les Sociétés des alcools du Québec (SAQ) et non dans les épiceries et dépanneurs.

"Il suffit d'aller dans les urgences des hôpitaux à toutes les fins de semaine pour constater que ce n'est pas un produit inoffensif", a-t-il soutenu en entrevue téléphonique.

"Ce qui est important aujourd'hui, ce n'est pas de dire qui a fait quoi, qui a été gentil et qui a été méchant. Ce qui est important, c'est qu'on profite de l'émotion qu'a provoquée cet incident tellement triste pour éveiller nos consciences et nous sensibiliser à l'importance de ne pas banaliser ce produit qu'est l'alcool", a-t-il ajouté.

Il est interdit au Canada de vendre des produits alcoolisés auxquels on a ajouté de la caféine. Il est cependant permis de d'ajouter des éléments "aromatisants contenant naturellement de la caféine" _ comme la guarana _ à des breuvages alcoolisés. Santé Canada conseille aux consommateurs de ne pas mélanger les boissons énergisantes à l'alcool.

Une porte-parole de Santé Canada n'avait pas répondu à La Presse canadienne au moment d'écrire ces lignes.

Le ministère de la Santé du Québec dissuade aussi les consommateurs à mélanger boissons énergisantes et alcool.

"L'effet stimulant des boissons énergisantes peut masquer l'effet dépresseur de l'alcool. Une personne qui consomme les deux substances en même temps peut par exemple croire que sa coordination ou ses réflexes sont intacts. Toutefois, ce n'est pas le cas car les effets de l'alcool restent les mêmes lorsqu'il est mélangé à une boisson énergisante", est-il écrit sur le site du ministère.