POLITIQUE
02/03/2018 06:15 EST | Actualisé 02/03/2018 12:26 EST

Bloc québécois: Gilles Duceppe et d'ex-députés veulent que Martine Ouellet parte

Ils lui reprochent d'avoir exacerbé les conflits au sein du parti.

Gilles Duceppe (2011)
AFP/Getty Images
Gilles Duceppe (2011)

Martine Ouellet ne peut s'accrocher au pouvoir après avoir perdu la majorité de son caucus, estime un groupe d'ex-députés, reprochant au passage à la chef contestée son approche "incantatoire" de la promotion de l'indépendance.

L'ancien chef de la formation, Gilles Duceppe, et une multitude d'ex-élus bloquistes sont sans appel dans la cinglante lettre ouverte qu'ils signent dans Le Devoir: la leader n'a plus la légitimité d'occuper le poste de chef des députés indépendantistes à Ottawa.

"Par son côté clivant, Martine Ouellet affaiblit la voix du Québec à Ottawa au moment même où il a besoin d'une voix forte. Elle divise les souverainistes au moment où ils ont besoin de s'unir. Elle doit partir", tranche le groupe d'ex-députés indépendantistes.

Ils disent comprendre "tout à fait" les sept députés qui ont claqué la porte un peu plus tôt cette semaine, car "l'intransigeance" de Martine Ouellet "n'a fait qu'exacerber" les "conflits internes au Bloc", se désolent-ils.

Au passage, les signataires de la lettre démolissent la façon dont la frange Ouellet dit vouloir faire la promotion de l'indépendance du Québec. Celle-ci, écrivent-ils, relève de l'"incantation" plutôt que de la nécessaire "démonstration" de l'importance de défendre les intérêts québécois.

"L'incantation, qui consiste à répéter le mot "indépendance" le plus souvent possible, plaît à plusieurs militants. En parlant ainsi aux convaincus, on peut gagner des investitures locales ou des courses à la chefferie. Mais cela s'arrête là", exposent-ils.

La "démonstration", stratégie qui était préconisée sous les anciens chefs et qui "demande d'y aller dossier par dossier, de cerner clairement les intérêts du Québec", est "encore celle qui est la plus prometteuse" pour réaliser l'indépendance du Québec, tranchent les anciens élus.

Le député Gabriel Ste-Marie, qui siège maintenant avec ses collègues démissionnaires au sein du "Groupe parlementaire québécois" à la Chambre des communes, est de cette école de pensée.

"Pour nous, c'est vraiment au niveau de la démonstration. C'est ça notre rôle ici: porter les consensus du Québec (...) Ce qu'on a à faire comme travail ici est bien écrit dans la lettre", a-t-il offert en mêlée de presse, vendredi.

Car cette "recette" dont parlent la vingtaine de signataires de la lettre ouverte, "des grands sages, des gens d'expérience" qui ont "siégé longtemps ici" a été "gagnante", a exposé le député Ste-Marie.

Une autre démissionnaire, Monique Pauzé, a pour sa part souligné que les propos contenus dans cette lettre l'avaient "confortée" dans sa décision, et que même si cette décision n'avait pas été facile à prendre, elle se sentait aujourd'hui "très sereine".

L'élue a formulé le souhait que la lettre contribuerait à la réflexion de Martine Ouellet.

"J'espère qu'elle va mener une bonne réflexion, de voir dans le fond que ces gens-là _ qui ont l'expérience d'Ottawa, et Mme Ouellet n'a pas l'expérience d'Ottawa _, ils témoignent de ça. J'espère que ça va l'aider à réfléchir et à prendre des décisions", a-t-elle soutenu.

La démission de Martine Ouellet a également été réclamée par le conseil exécutif de la circonscription de Berthier_Maskinongé. Une résolution en ce sens a été adoptée mercredi dernier, le jour où les sept députés bloquistes ont largué leur chef.

"Le maintien en place de Mme Ouellet (...) ne pourra que nuire à la cause de l'indépendance, lit-on dans un communiqué publié vendredi. La personne qui occupe le poste de chef doit faire preuve de vision et apporter sa propre couleur, mais doit aussi exercer un leadership rassembleur."

Voir aussi: