DIVERTISSEMENT
01/03/2018 08:54 EST | Actualisé 01/03/2018 09:04 EST

À quoi ça ressemblera, ce «Show de Rousseau»?

Gentil, mais acide...

V ne jouera pas les rebelles avec le talk-show de fin de soirée de Stéphane Rousseau, Le show de Rousseau, qui prendra l'antenne lundi prochain, le 5 mars, à 22h.

Entrevues, sketchs, prestations humoristiques et musicales, échanges pimentés entre l'animateur et sa complice Sonia Cordeau : Le show de Rousseau empruntera la facture classique de ce type d'émission entremêlant entretiens et variétés, à l'américaine.

Le groupe un peu décalé La Famille Ouellette sera le band en résidence du Show de Rousseau, et les artistes de passage sur le plateau offriront leur dernière chanson ou des blagues de leur cru au micro – on pourrait privilégier la présence d'humoristes le jeudi, histoire de lancer le week-end sur une note festive –, ou se glisseront dans les vignettes comiques.

Le tout, avec quelques clins d'œil à l'actualité, et un peu d'inévitables «plogues» du prochain spectacle ou album des invités. Bref, des éléments vus et revus mille fois, chez nous comme aux États-Unis, de Ad Lib à En mode Salvail, mais souvent gagnants.

Devant l'écran projetant un fond de forêt lumineuse – mais où pourront aussi défiler différentes images au besoin, au gré des numéros, selon le contexte –, dans ce décor de chalet haut de gamme, avec une liste d'invités étoilée pour la première semaine (Guy A.Lepage, Maripier Morin, Marc Labrèche, Magalie Lépine-Blondeau, Pier-Luc Funk, Jay Du Temple, François Bellefeuille, Claude Legault, Laurent Duvernay-Tardif, Ève Landry, Léane Labrèche-Dor, Anne Dorval, Pierre Brassard), on sent la volonté de V d'offrir un produit plutôt propret, après le tourbillon qui a emporté Éric Salvail et En mode Salvail à l'automne.

On sait aussi que la chaine souhaite revenir à des valeurs plus familiales et un contenu plus rassembleur à la Taxi payant ou Guerre des clans après s'être égarée un tantinet dans des propositions plus, disons, frondeuses, dans les deux ou trois dernières années, à la Coup de foudre et Célibataires et nus.

«Pour nous, c'était important, quand il est arrivé ce qu'on sait, à l'automne, de prendre le temps de choisir le bon show. On voulait être très, très solides. On est vraiment tombés en amour avec le concept. L'équipe nous a demandé du temps pour bien concevoir le show, bien le mettre sur pied, bien l'attacher, et on leur a donné, parce qu'on trouvait que c'était important d'arriver prêts», a exposé Brigitte Vincent, vice-présidente contenu et programmation de Groupe V Média, à propos de cet attendu Show de Rousseau, que produit la boîte Fair-Play.

Le show de Rousseau est en chantier depuis la fin 2017.

V

Gentil... mais acide

Par contre, même si le choix de Stéphane Rousseau s'avère peut-être plus consensuel que surprenant, le charisme et la répartie de ce dernier garantissent un produit qui ne sera pas nécessairement «beige» ou terne. L'humoriste est amusant, il arbore toujours la dose de folie qui lui est propre, il a de la répartie et il plait effectivement aux jeunes comme aux plus vieux.

«Dans le contenu, c'est là où c'est plus éclaté», a résumé Brigitte Vincent.

Stéphane Rousseau affirme vouloir mettre la gentillesse de l'avant dans ses conversations avec ses convives et dans le ton général de son rendez-vous quotidien.

«Je ne suis pas méchant, moi, dans la vie je ne suis pas là pour coincer mes invités, les mettre en boîte ou qu'ils ne se sentent pas bien. Je suis un gars foncièrement plutôt gentil, dans la vie. Je peux être baveux, je peux être fou, mais je n'ai pas l'intention d'être acide ou irrévérencieux, nécessairement, ou cynique. Parce qu'on l'est assez! Je pense que c'est un peu le retour d'un peu de douceur et de gentillesse.»

«Après, faut pas me faire chier non plus, continue Rousseau, moqueur, pour nuancer son point de vue. J'ai aussi envie que ça soit drôle et excitant. Je ne serai pas Sonia Benezra. Ce sera une gentillesse plus acide! On peut être gentil et edgy...»

Parmi les excentricités que se permettra Le show de Rousseau, la présence d'animaux en studio – qui a aussi caractérisé nombre de talk-shows américains, comme ceux de Fallon, Letterman et Carson - devrait donner lieu à quelques fous rires.

«Stéphane a peur de ces bibittes-là, et ça lui permet de se mettre en danger», a rigolé Brigitte Vincent.

«Julie Hébert, qui est une spécialiste, biologiste du Zoo de Granby, va venir - espérons-le, assez régulièrement -, pour s'amuser avec nous autres et nous présenter des animaux, a renchéri Stéphane Rousseau. Moi, j'ai toujours aimé ça, dans les classiques américains, les talk-shows, quand ils recevaient un animal, et que l'animateur était un peu pogné avec cette bête-là, et qu'il ne savait pas quoi faire avec. Je suis assez peureux, dans la vie, finalement! Je pense que ça peut être bien le fun, que ça peut amener des moments cocasses.»

En sabbatique lorsqu'on lui a demandé d'être le nouveau timonier des fins de soirée de V, Stéphane Rousseau a littéralement vu les étoiles s'aligner, lui qui rêvait d'être aux commandes d'un tel concept, mais qui croyait que ce projet arriverait plus tard dans sa carrière. «J'aimais son rire et son bronzage», badine-t-il en parlant de Johnny Carson, dont il était jadis un fervent fidèle, comme il l'est de autres monstres sacrés du genre, comme David Letterman ou Jimmy Fallon.

Rassuré par le fait d'être entouré de professionnels chevronnés dans cette aventure – la bande de Fair-Play (dont le producteur Michel St-Cyr, qu'il connaît depuis une trentaine d'années), le consultant à la réalisation Jean Lamoureux, la consultante au contenu Josée Fortier (qui a pataugé dans les variétés et l'humour québécois, «de Samedi de rire à Like-Moi», a précisé Stéphane Rousseau) -, l'homme se réjouit en outre de pouvoir lancer la balle à une Sonia Cordeau, dont il admire le talent.

«Le défi, quand on a une intervenante comme Sonia, c'est de la faire entrer au bon moment, que ça soit punché, qu'il y ait une espèce de légèreté, de spontanéité. Sonia a une très bonne plume, elle a l'absurdité facile... (rires) Je suis assez fan de ça. On va essayer de se faire rire mutuellement», a dit Stéphane Rousseau au sujet de sa «muse», son «amie», comme il la décrit.

Quant à son décor évoquant un chalet et non les gratte-ciels d'une grande cité, Stéphane Rousseau affirme qu'il représente bien les deux côtés de sa personnalité.

«J'ai un côté très urbain, et un côté très «gars de bois». Les talk-shows, normalement, c'est toujours une ville, en arrière! Donc, nos paysages pourront changer, mais je voulais que ça soit les lignes d'un chalet, que ça soit chic et urbain en même temps. Notre écran va nous servir à changer d'ambiance, peut-être présenter des sketchs, ça peut devenir un mur de briques... Toutes les options sont là. J'étais assez content de cette idée-là. Mais, si on veut, l'image qui nous représente, c'est la forêt. J'avais envie d'un petit côté paisible. C'est nos décors, c'est le Québec, et ça me plait!»

Facebook/Le show de Rousseau

Quelques faits sur Le show de Rousseau

  • Dès le 5 mars, à V.
  • À 22h, pendant 60 minutes.
  • Du lundi au jeudi.
  • En rediffusion le lendemain, à 17h, et en simultané sur Noovo.ca.
  • La première saison compte 48 émissions, diffusées pendant 12 semaines, jusqu'au 24 mai.
  • 3 invités par émission, qui resteront ou pas jusqu'à la fin.
  • Préenregistré à l'Astral, live to take (comme si c'était en direct), devant public, la journée même ou la veille, deux émissions à la fois. On effectuera un peu de montage seulement la première semaine, pour ajuster des détails au jour le jour. Le premier tournage aura lieu ce dimanche, 4 mars.
  • Le rôle de Sonia Cordeau n'est pas officiellement celui d'une co-animatrice, mais la jeune femme aura assez d'espace pour apporter sa couleur dans ses interventions. Elle ne sera pas toujours assise avec Stéphane Rousseau et son invité(e), elle pourra se camper près des musiciens ou ailleurs dans le studio. Elle donnera aussi la réplique à Rousseau dans des saynètes comiques et autres segments.
  • V n'a pas confirmé le retour du Show de Rousseau pour l'automne, mais est très optimiste. «On n'aurait pas embarqué là-dedans si on n'avait pas vraiment confiance que l'émission va perdurer dans le temps», a noté Brigitte Vincent.
  • Entre 40 et 50% de l'équipe technique et de conception d'En Mode Salvail a été repêché pour bosser sur Le show de Rousseau.