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01/03/2018 20:38 EST | Actualisé 01/03/2018 20:38 EST

Les «pauses humanitaires» en Syrie sont trop restreintes, dit l'ONU

«L'aide humanitaire ne s'est pas rendue et aucune évacuation de civils n'a été menée»

Les «pauses» de cinq heures par jour dans les combats qui se déroulent dans les banlieues à l'est de la capitale syrienne — déterminées par un plan «unilatéral» de la Russie — ne sont pas suffisantes pour fournir de l'aide humanitaire ou escorter des civils hors de la région, a affirmé jeudi un haut responsable de l'aide des Nations unies.

Jan Egeland a aussi soutenu qu'une résolution adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies au cours de la fin de semaine, appelant à un cessez-le-feu de 30 jours, avait eu peu d'impact sur la situation dans la Goutha orientale, une région sous le contrôle des rebelles à l'est de Damas. En fait, depuis l'adoption de la résolution, la situation s'est plutôt aggravée, a-t-il fait valoir.

La Goutha orientale avait été l'un des premiers secteurs à se soulever contre le régime du président Bachar al-Assad en 2011. Les rebelles se sont emparés du secteur alors que le soulèvement se transformait en une insurrection armée, puis en une guerre civile qui perdure depuis sept ans.

Les commentaires de M. Egeland ont été faits après que l'armée russe eut accusé les rebelles en Syrie d'attaquer un couloir humanitaire établi par Moscou avec le gouvernement syrien.

Plus tard jeudi, le général Youri Evtouchenko, chef du centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, a soutenu que des activistes dans la Ghouta orientale réalisaient des exécutions publiques de personnes souhaitant quitter la région. Il a affirmé que la «ligne téléphonique du centre russe pour la réconciliation avait commencé à recevoir des appels sur des exécutions publiques».

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné une pause humanitaire quotidienne de cinq heures pour permettre aux civils de quitter la région. Les pauses quotidiennes ont débuté mardi, mais jusqu'à maintenant, l'aide humanitaire ne s'est pas rendue et aucune évacuation de civils n'a été menée, à l'exception d'un aîné pakistanais et de sa femme qui ont été escortés, jeudi, de la ville de Douma.

M. Egeland a affirmé que le plan russe de «pauses» humanitaires était «positif», mais insuffisant.

«Je ne connais aucun acteur humanitaire (...) qui estime que cinq heures sont suffisantes pour être en mesure d'offrir une assistance dans la Ghouta orientale et d'organiser des évacuations médicales de manière appropriée», a fait valoir le haut responsable onusien.