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01/03/2018 12:18 EST | Actualisé 01/03/2018 15:20 EST

Les États-Unis se préparent à annoncer des tarifs sur l'acier et l'aluminium

Cette annonce est très attendue au Canada.

VCG via Getty Images

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi son intention d'imposer des tarifs sur les importations d'acier et d'aluminium, une décision qui aurait de larges implications pour l'économie mondiale, le système commercial international et le commerce transfrontalier.

Après quelques semaines de suspens dans ce dossier, le président a dévoilé jeudi quelques détails sur son plan: une taxe de 25 pour cent sur les importations d'acier et une autre de 10 pour cent sur celles d'aluminium. Dans les deux cas, il s'agit de pourcentages plus élevés que ceux attendus.

"Nous allons signer cela la semaine prochaine", a déclaré M. Trump lors d'un rassemblement de leaders de l'industrie. "Et vous allez être protégés pour longtemps."

Les grands détails du plan de M. Trump n'étaient pas clairs dans l'immédiat - notamment pour ce qui est de savoir si les tarifs allaient s'appliquer au Canada. Son voisin nordique est le premier exportateur d'acier et d'aluminium aux États-Unis, en tenant compte de l'intégration des industries automobile et militaro-industrielle.

Même si des observateurs jugent que ces tarifs visent principalement la Chine, les chiffres avancés par M. Trump semblent semblables à ceux avancés par le Canada dans son pire scénario envisagé. L'administration Trump avait indiqué qu'elle envisageait d'imposer un énorme tarif pour les quelques pays qui font du dumping d'acier, ou alors un seul tarif d'environ 24 pour cent pour tous les pays.

Le Canada est le plus grand fournisseur d'acier et d'aluminium des États-Unis.

Techniquement, M. Trump a jusqu'au mois prochain pour prendre une décision à ce sujet. Mais selon certains médias, le président préférait imposer des tarifs les plus larges possible et était impatient de faire une annonce. L'administration aurait fait des pieds et des mains en coulisses pour finaliser les détails du plan, et certains responsables demandaient à M. Trump de remettre à plus tard sa décision.

Plusieurs proches de M. Trump lui ont pourtant demandé d'épargner le Canada.

Le Pentagone a publié une lettre lui demandant de ne pas viser ses pays alliés. Pendant des consultations, plusieurs intervenants ont exhorté l'administration Trump à faire une exception pour le Canada. Le Syndicat des Métallos compte des membres dans les deux pays - il est même dirigé par un Canadien, Leo Gerard, qui demande à Washington d'épargner son pays d'origine.

"De mettre le Canada dans le même bateau que le Mexique, la Chine, l'Inde ou la Corée du Sud (...) n'a pas de sens", a estimé M. Gerard lors d'un entretien.

"Le Canada devrait simplement être exclu - point. Nous avons une économie intégrée. Et si cela se défait, les États-Unis vont lourdement en faire les frais (...) Chaque fois que j'en ai eu l'occasion, j'ai tenté de faire remarquer aux décideurs les plus influents que le Canada n'était pas le problème en ce qui a trait au commerce international. Faire quelque chose qui pourrait écarter le Canada serait un désavantage pour (les États-Unis)."

Le Canada a exporté l'an dernier pour environ 9,3 milliards $ d'aluminium aux États-Unis, et pour environ 5,5 milliards $ d'acier. Pour les États-Unis, l'acier canadien représente une importante partie des importations, soit un peu plus de 15 pour cent de toutes les importations. Pour le Canada, les États-Unis jouent un rôle crucial dans le paysage des exportations - près de 90 pour cent des exportations canadiennes d'acier sont destinées au sud de la frontière.

Mais la question des tarifs va bien au-delà de l'Amérique du Nord.

Plusieurs experts en commerce ont prévenu que l'attitude des États-Unis pourrait inciter d'autres pays à les imiter, ce qui pourrait avoir un effet domino au chapitre des représailles. Le Mexique et l'Europe menacent déjà de répliquer avec d'autres tarifs.

Mauvaise décision, dit Couillard

Lors d'un point de presse durant une visite dans une brasserie artisanale à Stoneham, jeudi matin, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé qu'il s'attendait à une telle décision, et a estimé que le président Trump faisait erreur.

"C'est encore une mauvaise décision, une décision malavisée des Américains. (...) Le problème du marché de l'aluminium, ce n'est pas le Québec ou le Canada, c'est la Chine, et donc on ne s'adresse pas au véritable enjeu."

M. Couillard n'était pas immédiatement en mesure de préciser quelles procédures d'appel pourraient être entreprises, mais il a indiqué qu'il consulterait ses partenaires de l'industrie de l'aluminium pour envisager la suite des choses.

"Mais je peux vous dire que les Américains n'arriveront pas à leur objectif, a-t-il promis. Ils ont besoin d'aluminium, ils n'en font pas assez eux-mêmes."

"L'industrie de la défense a mis en garde la présidence américaine sur les tarifs sur l'aluminium parce que c'est un métal stratégique très important. Alors ça va être la même chose que pour le bois, où ceux qui ont payé à la fin, ce sont les conservateurs américains."

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L'industrie de l'aluminium en chiffres:

- Neuf des 10 alumineries du Canada se trouvent au Québec.

- Environ 90 pour cent des 3,2 millions de tonnes produites au Canada émane du Québec.

- Au Québec, industrie de l'aluminium génère 10 000 emplois directs et 20 000 indirects.

- Près de 80 pour cent de la production canadienne est exportée vers les États-Unis.

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