POLITIQUE
28/02/2018 10:33 EST | Actualisé 28/02/2018 14:34 EST

Sept députés sur dix claquent la porte du Bloc québécois

Ils n'ont pas réussi à s'entendre avec la chef Martine Ouellet.

Sept députés du Bloc québécois ont décidé de démissionner et de former un nouveau groupe parlementaire, à la suite d'une deuxième crise avec leur chef Martine Ouellet.

«Les divergences que nous avons avec notre chef sont maintenant trop grandes pour qu'une paix durable soit envisageable», a martelé le doyen du caucus, Louis Plamondon, à la sortie de la rencontre qui aura duré moins d'une heure.

Pour le «groupe des 7» - formé de Louis Plamondon (Bécancour-Nicolet-Saurel), Luc Thériault (Montcalm), Monique Pauzé (Repentigny), Rhéal Fortin (Rivière-du-Nord), Gabriel Ste-Marie (Joliette), Michel Boudrias (Terrebonne) et Simon Marcil (Mirabel) - deux choix s'imposaient : soit Mme Ouellet quittait, ou ils claquaient la porte.

C'est meurtris qu'on sort aujourd'hui.Luc Thériault, député de Montcalm

«Je trouve ça dur. Très dur, a admis Luc Thériault, le député de Montcalm. Je veux que les gens, nos sympathisants, notre monde chez nous comprenne qu'on a tout essayé depuis un an. C'est meurtris qu'on sort aujourd'hui.»

Le leader parlementaire du Bloc, Gabriel Ste-Marie, a annoncé dimanche soir qu'il quittait ses fonctions en raison de son «incapacité à communiquer» avec sa chef. Une crise interne s'en est suivi lundi, sans que l'équipe du Bloc n'arrive à dénouer l'impasse.

Chambre des communes
Gabriel Ste-Marie, ex-leader parlementaire du Bloc.

M. Plamondon, qui n'en est pas à sa première crise au Bloc, admet que celle-ci est sans doute la plus «profonde». Il croit que Mme Ouellet devrait se poser de sérieuses questions quant à son leadership.

«Nous pensons que ce message du départ de sept députés devrait être un message pour la chef et la faire réfléchir sur son statut de chef, affirme-t-il Je n'ai jamais vu un chef perdre le contrôle de son caucus. Il se passe toujours la même chose : le chef quitte.»

M. Plamondon soutient qu'il reste toujours fidèle au parti. «Je quitte ma chef, mais je ne quitte pas le Bloc québécois.»

Ouellet ne compte pas partir

La chef du Bloc, qui n'a maintenant que trois députés, s'est dit «déçue» par la tournure des événements. Mais il n'est pas question, selon elle, de remettre en question son leadership.

«Je reste en place, a-t-elle confirmé. J'ai été élue par les membres du Bloc québécois.»

Dans les faits, Mme Ouellet a été élue par acclamation, au terme d'une course à la direction rapide. Certains, dont l'ex-chef Gilles Duceppe, souhaitaient une course en 2018 pour permettre à d'autres personnes de se présenter.

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Martine Ouellet est chef du Bloc depuis moins d'un an.

Elle dit avoir soumis une proposition de fonctionnement mercredi matin afin de mieux travailler en équipe. Mais elle n'a pas été suffisante pour convaincre les sept députés de rester pour discuter.

«Malheureusement, je dois vous avouer qu'il n'y a pas vraiment eu de discussions, il n'y a pas vraiment eu de questions. Les gens sont sortis très rapidement», résume Mme Ouellet.

Elle dit que la porte est «toujours ouverte» si certains députés devenus indépendants veulent changer d'idée et réintégrer le caucus.