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28/02/2018 09:52 EST | Actualisé 28/02/2018 09:52 EST

Campagne «Allô y a quelqu'un?»: il n'y a pas que les infirmières qui sont épuisées

La surcharge de travail touche aussi les travailleuses sociales, les éducateurs en centre jeunesse et autres professionnels de la santé et des services sociaux.

À leur tour, les travailleuses sociales, les éducateurs en centre jeunesse et autres professionnels de la santé et des services sociaux lancent une campagne: "Allô y a quelqu'un?". Ils veulent ainsi que le public, les établissements de santé et le ministère comprennent qu'eux aussi sont surchargés de travail et épuisés.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui représente 54 000 de ces professionnels et techniciens, lance mercredi une campagne dans les médias sociaux et sur internet, à l'adresse www.alloyaquelquun.com.

Dans la première phase de sa campagne, l'APTS veut dénoncer des situations vécues par ses membres au travail, a expliqué au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne Carolle Dubé, sa présidente.

Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

Témoignages

Dans une des capsules vidéo, par exemple, on voit un éducateur en centre jeunesse - un vrai - dire qu'il se fait cracher dessus, qu'il a déjà été séquestré et qu'une voiture a déjà été incendiée, mais qu'il s'est fait répondre que cela fait partie de son travail auprès de jeunes délinquants.

Dans une autre capsule, une travailleuse sociale, déçue et frustrée, témoigne du fait qu'elle voudrait tellement aider davantage ses jeunes, mais que le temps lui manque et qu'elle n'y arrive pas.

"Nos gens vont exprimer ce qu'ils vivent comme détresse, la situation de travail dans laquelle ils sont. C'est un appel à l'aide que nos membres vont lancer au ministre et, du même coup, sensibiliser les directions d'établissements et la population à leur détresse", a illustré Mme Dubé.

Les répercussions sur les tâches de ces professionnels des services sociaux et de la santé diffèrent de celles des infirmières. "Nos gens sont beaucoup dans ça aussi: la surcharge de travail. Ça ne se traduit souvent pas, pour nos membres, par du temps supplémentaire obligatoire (comme les infirmières); ça se traduit par des listes d'attente qui s'allongent, ça se traduit par des services qui ne sont pas donnés", a résumé Mme Dubé.

Cette surcharge de travail se traduit par un sentiment de frustration, d'insatisfaction, un sentiment de détresse psychologique, voire d'épuisement, a-t-elle rapporté.

Des solutions

Dans la seconde phase de sa campagne, l'APTS veut donc proposer des solutions aux problèmes soulevés. Et elle espère profiter des négociations locales qui ont cours avec les employeurs pour régler ces problèmes.

"On n'est pas tout à fait, nous, dans des ratios (comme les infirmières). On n'appelle pas ça comme ça, mais peut-être que ça peut s'apparenter un petit peu. Ce sont vraiment des revendications spécifiques pour qu'on établisse, au niveau local, des règles pour obliger les employeurs à mieux organiser le travail et qu'on se parle de comment on fait face à des surcharges de travail", a résumé Mme Dubé.

L'APTS représente des psychologues, des physiothérapeutes, des techniciennes en assistance sociale, des éducateurs en centre jeunesse, des nutritionnistes, des techniciens en réadaptation, des ergothérapeutes, des techniciens en laboratoire et en imagerie médicale, par exemple.