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Yémen: âpres négociations à l'ONU pour renouveler l'embargo sur les armes

Les membres du Conseil de sécurité, surtout les cinq membres permanents, menaient lundi d'âpres négociations sur le renouvellement annuel de l'embargo sur les armes imposé au Yémen, sur fond d'incrimination de l'Iran agitée par Washington, selon des diplomates.

Un vote prévu lundi matin a été repoussé après 20H00 GMT pour permettre "de trouver un consensus", a indiqué un diplomate. L'embargo sur les armes expire lundi soir.

La Russie, qui a obtenu le retrait dans le projet de texte britannique de toute condamnation claire et nette de l'Iran, refuse que les Etats-Unis se servent du renouvellement annuel de l'embargo pour accuser Téhéran sans preuves, ont indiqué à l'AFP des sources diplomatiques.

Dans l'une des dernières versions du texte, le Conseil de sécurité reproche à Téhéran d'"avoir échoué à prendre les mesures nécessaires afin d'empêcher directement ou indirectement la fourniture, la vente ou le transfert" aux Houthis de missiles, de drones et d'autres équipements militaires.

Le document appelle en outre à prendre "des mesures supplémentaires", une formule qui permettrait des sanctions ultérieures individuelles ou contre des entités, sous condition qu'elles recueillent un consensus.

L'Iran a toujours démenti armer les Houthis, se bornant à évoquer un soutien politique.

Depuis plusieurs mois, les Etats-Unis, qui ont pour bête noire l'Iran, font pression pour condamner et sanctionner Téhéran après des tirs de missiles de fabrication iranienne sur l'Arabie saoudite en 2017.

Si un rapport d'experts de l'ONU estime que l'Iran a failli à ses obligations en n'empêchant pas l'arrivée au Yémen de ces missiles, il a affirme aussi ne pas être en mesure d'identifier les responsables ou les canaux de transmission ayant permis aux Houthis de se doter de ces armes.

Pour la Russie, le rapport de l'ONU n'apporte pas la preuve d'une implication directe des autorités iraniennes. Et les morceaux de missiles exposés récemment par les Etats-Unis, même s'ils sont iraniens, ne sont pas une preuve d'un rôle direct de l'Iran dans l'acheminement d'armement au Yémen en violation de l'embargo de l'ONU de 2015, estime Moscou.

Pour les Etats-Unis, comme pour leurs alliés britannique, français ou allemand, Téhéran est bien derrière les livraisons. "Aucun doute" là-dessus, affirme un diplomate européen sous couvert d'anonymat, en refusant d'en dire plus sur d'éventuelles preuves détenues par des Occidentaux.

prh/vog

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