POLITIQUE
26/02/2018 19:35 EST | Actualisé 27/02/2018 12:12 EST

Les entreprises de taxi veulent aussi profiter des compensations

Le temps presse pour en arriver à une entente avec le gouvernement.

QUÉBEC – C'est la course contre la montre pour établir le montant des compensations qui seront données aux détenteurs de permis de taxi, un montant qui devrait se trouver dans le budget Leitao. Certains intermédiaires, qui veulent aussi leur part du gâteau, ralentissent le processus.

Le regroupement d'entreprises Taxis du Grand Montréal et le Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ) veulent aussi que leurs membres reçoivent l'argent des contribuables, sous prétexte qu'Uber les a aussi affectés.

«L'industrie du taxi ne se résume pas qu'à un propriétaire, un chauffeur. L'industrie du taxi, c'est le propriétaire, le chauffeur et l'intermédiaire», se défend Abdallah Homsy, porte-parole du RITQ.

On n'avance pas aussi vite qu'on voudrait et je ne suis pas prêt à dire que c'est de la faute du gouvernement.Marc-Antoine Cloutier, négociateur en chef

«Quand on demande une modernisation de l'industrie du taxi, qui paie pour la modernisation? Qui a acheté les tablettes dans les voitures? Qui modernise la centrale? Qui fait les applications iPhone? Ce sont les intermédiaires», dit-il.

Le ministre des Transports, André Fortin, a annoncé en décembre dernier la création du groupe de travail pour établir le montant de la compensation. Il a aussi annoncé un programme de modernisation de l'industrie du taxi de 44 millions $ sur cinq ans, qui serait alimenté par les redevances payées par Uber.

Le négociateur en chef hausse le ton

Le négociateur en chef de l'industrie du taxi, Marc-Antoine Cloutier, se désole du fait que leur deuxième rencontre avec leur gouvernement n'a pas été aussi productive que prévu.

«On n'avance pas aussi vite qu'on voudrait et je ne suis pas prêt à dire que c'est de la faute du gouvernement», a-t-il commenté à la sortie de la rencontre, lundi après-midi. Je ne veux pas mettre la faute sur personne. Mais je pense qu'il faut tous ensemble travailler de manière un peu plus efficace.»

Il était seulement question de compenser les détenteurs de permis de taxi pour les pertes encourues. Pourquoi un tel revirement maintenant? François Cyr, de Taxis du Grand Montréal, dit qu'il y a eu un «oubli» et que les entreprises ont leur «petit mot à dire».

Aucune autre rencontre n'est prévue pour le moment entre les représentants de l'industrie du taxi et les fonctionnaires du gouvernement. L'objectif est d'en arriver à une entente au mois de mars.

M. Homsy dit que son regroupement envisage la reprise des moyens de pression pour éviter que le comité «piétine» et «tourne en rond». «Qu'ils préparent les chèques!»