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Le Pakistan va "élaborer une stratégie" pour ne pas intégrer une liste de pays finançant le terrorisme (ministre)

Le Pakistan va "élaborer une stratégie" pour ne pas intégrer une liste de pays finançant le terrorisme, a déclaré lundi son ministre des Finances à l'AFP.

Selon deux sources diplomatiques, le Gafi, un organisme intergouvernemental basé en France dont la vocation est de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, a voté le placement du Pakistan sur sa liste grise en juin.

La semaine passée à Paris, le Gafi a décidé de placer neuf pays sur sa liste grise sans mentionner le Pakistan, qui avait figuré plusieurs années sur cette liste, avant d'en sortir en 2015 après avoir réalisé des "progrès significatifs".

Islamabad a donc trois mois pour éviter cette mesure, qui pourrait décourager des investissements étrangers et générer davantage de tensions encore avec les Etats-Unis, à l'origine de l'initiative. Washington met une pression croissante sur le Pakistan ces dernier mois, lui reprochant son soutien supposé à des groupes extrémistes.

"Nous allons commencer à nous réunir sur la question après le 1er mars pour voir ce que nous pouvons faire sur ce sujet et quelle stratégie nous pouvons élaborer", a affirmé le ministre des Finances Rana Afzal Khan, ajoutant que le Pakistan n'avait pas reçu d'indications quant à d'éventuels objectifs à atteindre.

L'intégration du pays à la liste grise du Gafi a d'abord été empêchée par la Turquie, la Chine et l'Arabie saoudite, partenaires traditionnels du Pakistan et membres du Gafi, a indiqué l'une des sources diplomatiques.

Le ministre des Affaires étrangères pakistanais Khawaja Asif s'est alors félicité mardi dans un tweet de l'absence de "consensus" pour désigner son pays.

Mais un second vote s'est tenu jeudi après d'intenses tractations, qui a vu Ryad changer sa position, convaincu par les Etats-Unis, et la Chine rester silencieuse, selon cette source.

La décision constitue un soufflet diplomatique pour Islamabad, qui vante sa relation privilégiée avec Pékin, la Chine investissant des dizaines de milliards de dollars dans des infrastructures au Pakistan. Elle interroge aussi sur la profondeur de ses liens avec l'Arabie saoudite, où Islamabad a envoyé en février un millier de soldats pour des exercices militaires conjoints.

"Cela montre que les gens concernés par le financement du terrorisme sont assez nombreux", a commenté la même source à l'AFP.

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