NOUVELLES
25/02/2018 07:20 EST | Actualisé 25/02/2018 07:30 EST

Une délégation nord-coréenne importante au Sud pour la clôture des JO

L'arrivée de cette délégation de huit membres est l'ultime illustration de la frénésie diplomatique qui s'est emparée de la péninsule depuis que le Nord a annoncé à la surprise générale le 1er janvier qu'il participerait aux JO de Pyeongchang.

MLADEN ANTONOV via Getty Images

Le président sud-coréen Moon Jae-in a rencontré dimanche la délégation nord-coréenne venue au Sud pour la clôture des jeux Olympiques et emmenée par un général controversé considéré comme un "criminel de guerre" par l'opposition sud-coréenne.

L'arrivée de cette délégation de huit membres est l'ultime illustration de la frénésie diplomatique qui s'est emparée de la péninsule depuis que le Nord a annoncé à la surprise générale le 1er janvier qu'il participerait aux JO de Pyeongchang.

Après deux années de montée des tensions, en raison de la fuite en avant de Pyongyang vers l'arme atomique, la Corée du Nord s'est lancée depuis dans une offensive de charme à destination de la communauté internationale lors de ces Jeux, que Séoul a vendus comme ceux "de la paix".

Mais, signe que cette "trêve olympique" n'a sur le fond rien réglé dans l'épineux dossier nucléaire, Pyongyang a fustigé dimanche les nouvelles sanctions unilatérales annoncées vendredi par le président américain Donald Trump.

Dimanche matin, la délégation officielle a franchi la Zone démilitarisée (DMZ) au poste-frontière de Dorasan, a indiqué un porte-parole du ministère de l'Unification à Séoul.

Sanctions les plus lourdes

La télévision sud-coréenne a diffusé des images montrant Kim Yong Chol vêtu d'un long manteau foncé accueilli par le vice-ministre de l'unification de Séoul, Chun Hae-sung, avant de monter dans une berline noire.

M. Moon a rencontré le général Kim pendant une heure, a indiqué la présidence sans donner de détails.

Certains experts pensent que le Nord tente de polir son image pour obtenir un assouplissement drastique des sanctions internationales engendrées par ses programmes militaires interdits et tente d'enfoncer un coin entre Séoul et Washington.

Pour la cérémonie d'ouverture, le leader nord-coréen Kim Jong Un avait dépêché sa soeur Kim Yo Jong qui se trouvait à quelques rangs seulement du vice-président américain Mike Pence.

Elle ne lui avait pas parlé mais avait profité de son voyage historique au Sud -le premier d'un membre de la dynastie qui dirige le Nord depuis des décennies- pour inviter M. Moon à un sommet à Pyongyang.

Partisan déclaré du dialogue avec le Nord, ce dernier s'est pour l'heure bien gardé de répondre à cette invitation.

En dépit de cette amorce de "détente" intercoréenne, Donald Trump a annoncé vendredi de nouvelles mesures visant à isoler encore plus le Nord, parlant des sanctions "les plus lourdes jamais imposées contre un pays".

«Ignorance» de Trump

Le président américain s'est attiré dimanche une cinglante réponse de Pyongyang qui l'a accusé d'amener sur la péninsule "les nuages de la guerre".

"Comme nous l'avons dit de nombreuses fois, nous considérerons tout type de blocus comme un acte de guerre contre nous", a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, selon la version anglaise d'un communiqué diffusé d'abord en coréen par l'agence officielle KCNA.

"Trump essaie de nous faire changer avec ces sanctions et ses propos hostiles, ce qui montre son ignorance à notre sujet", a affirmé le ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

"Nous avons déjà nos propres armes nucléaires, une épée de justice chérie pour nous protéger de ce genre de menace des Etats-Unis."

La venue de Kim Yong Chol a provoqué l'ire de l'opposition conservatrice sud-coréenne car il est soupçonné d'avoir ordonné notamment le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan en 2010, qui avait fait 46 morts. Pyongyang a toujours rejeté toute responsabilité.

Des élus conservateurs ont encore manifesté près de la frontière dans la nuit, avec plusieurs centaines de personnes.

"Kim Yong Chol devrait demander pardon à genou aux familles de victimes", pouvait-on lire sur une banderole.

S'il n'est pas visé par les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, il est la cible des sanctions unilatérales sud-coréennes et d'un gel de ses actifs.

A Séoul comme à Washington, on assure qu'il n'y aura pas de rencontre entre Kim Yong Chol et la cheffe de la délégation américaine, la fille aînée et conseillère de Donald Trump, Ivanka.

Mais la délégation nord-coréenne inclut Choe Kang Il, directeur général adjoint pour les affaires américaines du ministère nord-coréen des Affaires étrangères. Ce qui laisse penser que Pyongyang pourrait être ouvert à l'idée d'un dialogue.