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23/02/2018 20:04 EST | Actualisé 23/02/2018 20:04 EST

Création au Québec d'une Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation

Cette nouvelle chaire d'études a été lancée par trois universités québécoises

jazzmxx via Getty Images

Trois universités québécoises unissent leur expertise pour créer la toute première Chaire UNESCO du monde en prévention de la radicalisation et de l'extrémisme violents.

Cette nouvelle chaire d'études a été lancée vendredi à l'Université de Sherbrooke, de concert avec l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et l'Université Concordia.

Elle sera dirigée par une équipe de professeurs des trois établissements.

Selon David Morin, l'un des trois cotitulaires avec Ghayda Hassan et Vivek Venkatesh, respectivement professeurs à l'UQAM et à Concordia, la mission de la chaire est de créer un «pôle d'excellence» qui regroupera des experts de la recherche et de la pratique.

«L'objectif est d'être capable de développer des programmes, de les évaluer, de soutenir à la fois les décideurs politiques, mais également tous les intervenants sur le terrain en matière de prévention de la radicalisation», a résumé M. Morin, qui enseigne à l'Université de Sherbrooke.

Il a ajouté que la chaire constituait une première mondiale en raison de sa mission et de son modèle de gouvernance.

«Ce qui est unique au monde, c'est une Chaire UNESCO qui soit tripartite, donc qui regroupe trois universités ayant directement signé une entente avec l'UNESCO. Mais au-delà de ça, c'est le regroupement de partenaires nationaux et internationaux qui vont partager leur expertise en prévention de la radicalisation et échanger à ce sujet», a précisé David Morin.

Le projet a été élaboré durant la conférence de l'UNESCO sur la radicalisation qui s'est déroulée au Québec en 2016. La chaire fera partie des 700 institutions de l'organisation internationale réparties dans 116 pays qui encouragent la collaboration interuniversitaire à travers le monde.

D'après le professeur bien connu Sami Aoun, qui sera directeur du comité scientifique pour la chaire, les chercheurs ont déjà tissé des partenariats étroits en Amérique du Nord, en Europe, en Afrique, au Proche-Orient et en Amérique latine.

Québec a promis de consacrer 100 000 $ par année pendant quatre ans pour soutenir l'initiative.

Le cotitulaire Vivek Venkatesh a révélé que, entre autres activités, la chaire fournirait de la formation aux personnes travaillant dans des collectivités marginalisées et créerait des outils de mobilisation du public afin que ce dernier participe «à l'élaboration d'un discours visant à contrer les propos haineux et la radicalisation».

À titre d'exemple, il a mentionné un projet en cours dans l'est de Montréal qui permet de montrer à des jeunes marginalisés comment utiliser la musique et la littérature pour parler de leur expérience par rapport aux propos haineux et à la violence.

La chaire regroupera plusieurs disciplines, dont les sciences politiques, le développement international, les services sociaux et la psychologie.

Sa structure tripartite signifie que chaque université peut mettre à contribution ses propres ressources et sources de financement, a indiqué M. Venkatesh.

Le secrétaire général de la Commission canadienne pour l'UNESCO, Sébastien Goupil, a fait l'éloge de la nouvelle chaire et de son modèle de gouvernance.

«Nous nous réjouissons à l'idée de collaborer avec la chaire pour contrer la montée de la radicalisation et de l'extrémisme violents au Canada et dans le monde», a-t-il affirmé dans un communiqué.