POLITIQUE
23/02/2018 20:00 EST | Actualisé 23/02/2018 20:28 EST

100 jours de mobilité avec Valérie Plante et Projet Montréal

Le transport a accaparé l'essentiel de l'attention accordée à Mme Plante en début de mandat (mises à part les taxes!)

Elle avait promis d'être la «mairesse de la mobilité». En entrevue avec le HuffPost Québec dans le métro de Montréal, la mairesse Valérie Plante fait le tour des grands dossiers de transport qui ont marqué les 100 premiers jours de son administration.

Le meilleur coup: les 300 autobus

Mme Plante ne s'en cache pas: la promesse, rapidement livrée, de commander 300 autobus hybrides supplémentaires est la principale réussite de son administration jusqu'à présent.

«J'ai dit que ce serait le premier geste posé, c'est exactement ce qu'on a fait. On a réussi à aller négocier rapidement avec Québec pour aller faire cet emprunt, c'est une belle victoire», affirme-t-elle.

Mme Plante avait promis, en campagne électorale, de faire cet achat pour respecter les orientations que la Société de transport de Montréal (STM) s'était données pour 2020. Cette orientation avait été retardée de plusieurs années dans le dernier plan stratégique présenté sous l'administration de Denis Coderre.

Mais l'achat comporte toujours des défis majeurs. La facture finale sera supérieure aux 225 M$ annoncés, atteignant vraisemblablement 400 M$. Des coûts annuels supplémentaires de 75 M$ sont également à prévoir pour l'embauche de chauffeurs et pour l'entretien.

Et il y a la question de l'entreposage des véhicules. Les garages actuels n'ont pas suffisamment d'espace pour les accueillir. Au début du mois, le président de la STM disait que des options temporaires étaient envisagées en attendant la fin des projets actuels d'ajout et d'agrandissement de garages.

«On travaille avec la STM pour les différents scénarios. Mais pour nous, il était important de bouger sur les autobus plutôt que d'attendre un garage. Il y a des possibilités, la STM est au courant. On travaille avec eux et on va trouver des solutions», affirme Mme Plante.

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Un premier pas pour la ligne rose

Mais qu'en est-il du projet phare de Valérie Plante, celui qui a fait rêver les électeurs de Projet Montréal? Jeudi, Mme Plante a pris un premier pas officiel vers la concrétisation de la ligne rose. Des consultations seront menées par la Communauté métropolitaine de Montréal en vue du tout premier plan stratégique de l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

La ligne rose devra obligatoirement se trouver dans ce plan si la mairesse souhaite un jour étendre le réseau du métro jusqu'à Montréal-Nord.

«On a développé un petit Bureau de projet à même la Ville de Montréal pour documenter notre ligne rose. [...] Ce qui est important, c'est de toujours garder le momentum. De garder une certaine pression sur les acteurs. Et que le gouvernement inscrive ça dans son plan stratégique, c'est ça que ça vient faire. Ça vient donner de l'énergie à ce projet», affirme-t-elle.

En décembre, la ligne rose a fait une première apparition dans un document stratégique officiel lorsque le gouvernement du Québec l'a incluse dans sa Stratégie gouvernementale pour assurer l'occupation et la vitalité des territoires. Ce document n'est toutefois pas une liste des priorités du gouvernement, mais une liste des demandes prioritaires des régions à l'égard du gouvernement.

Mme Plante estime que Montréal est en bonne position pour que l'ARTM prenne à son compte le projet de ligne rose.

«Montréal demeure la ville où il y a la plus grande population. Alors [l'Autorité] doit prendre ça en considération. On ne peut pas nier la contribution et la complexité du transport collectif à Montréal», dit-elle.

Hugo Jolion-David
Valérie Plante

La surprise: Camillien-Houde

Le dossier qui a pris bien des observateurs par surprise est la fermeture de la voie Camillien-Houde et du chemin Remembrance, qui traversent le mont Royal. Bien que Projet Montréal s'y était engagé pendant la campagne électorale, le comité de travail mis sur pied pour étudier l'avenir sur ce chemin ne s'était pas encore rencontré lorsque la décision a été annoncée par le responsable des grands parcs, Luc Ferrandez.

Depuis, de nombreuses personnes ont critiqué cette décision et une pétition récoltant 22 000 signatures circule sur le site change.org.

Selon Valérie Plante, ce genre de réaction était prévisible.

«On touche à des habitudes. Il y a des gens pour qui c'est leur chemin matin et soir pour passer d'un côté à l'autre. C'est normal, quand on bouscule les habitudes des gens, ils réagissent très fort. Alors je comprends. [...] Mais personne n'a vu le projet pilote. Alors ça crée de l'insécurité.»

Mme Plante rejette toutefois l'idée d'un compromis, comme l'ajout de murets de béton et d'autres mesures d'atténuation de la circulation.

Pendant l'entrevue au HuffPost Québec, la mairesse a annoncé que la rue Sainte-Catherine ne subirait pas le même sort que la voie Camillien-Houde: les voitures auront leur place, malgré une révision du plan de réaménagement.

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