NOUVELLES
22/02/2018 16:43 EST | Actualisé 22/02/2018 16:43 EST

Venezuela: avancer les législatives, «une tentative de coup d'État», selon le Parlement

Selon le pouvoir législatif, ce projet met en évidence «l'objectif totalitaire» du gouvernement de Nicolas Maduro de «contrôler tous les pouvoirs publics via un méga simulacre électoral».

NatanaelGinting via Getty Images

Le Parlement vénézuélien, contrôlé par l'opposition, a dénoncé jeudi comme "une tentative de coup d'Etat" le projet du gouvernement d'avancer les législatives de 2020 au 22 avril, date du scrutin présidentiel où le président socialiste Nicolas Maduro vise la réélection.

"Cette tentative de coup d'Etat a pour objectif d'éviter le contrôle de l'administration qui revient constitutionnellement à cette Assemblée nationale", a écrit le Parlement dans un communiqué.

Selon le pouvoir législatif, ce projet met en évidence "l'objectif totalitaire" du gouvernement de Nicolas Maduro de "contrôler tous les pouvoirs publics via un méga simulacre électoral".

Le Parlement est le seul pouvoir contrôlé par l'opposition au Venezuela.

La Table de l'unité démocratique (MUD), vaste coalition d'opposition, avait remporté une victoire historique aux législatives de fin 2015, mettant fin ainsi à une hégémonie de près de vingt ans des partisans d'Hugo Chavez, le mentor et prédécesseur (1999-2013) du président Maduro.

Le numéro deux du pouvoir vénézuélien Diosdado Cabello a annoncé mardi qu'il comptait proposer à l'Assemblée constituante d'avancer les législatives de 2020 au 22 avril prochain. Un projet soutenu le lendemain par le président Maduro.

Depuis que l'opposition contrôle l'Assemblée nationale, en janvier 2016, les chocs avec les autres pouvoirs, de l'exécutif au judiciaire en passant par l'autorité électorale, se sont multipliés, accentuant la crise politico-économique dans ce pays au bord du gouffre. Une vague de manifestations quasi-quotidiennes entre avril et juillet s'est soldée par plus de 125 morts.

Le 1er mai, M. Maduro a annoncé la convocation d'une Assemblée constituante. Le scrutin, organisé le 30 juillet et boycotté par l'opposition, a fait dix morts. Cette nouvelle institution, chargée de rédiger une nouvelle Constitution, est composée de partisans du chef de l'Etat et dotée de pouvoirs étendus, a privé le Parlement de la plupart de ses prérogatives.

L'Assemblée constituante a récemment convoqué une élection présidentielle anticipée avant la fin avril, prenant de court une opposition désorganisée et affaiblie. Cette Constituante n'est pas reconnue par l'opposition et une partie de la communauté internationale.

Jusqu'à présent, toutes les propositions soumises à l'approbation des constituants ont été adoptées.

Voir aussi: