DIVERTISSEMENT
22/02/2018 17:37 EST | Actualisé 22/02/2018 17:37 EST

Une nouvelle série de Netflix explore les tensions raciales aux États-Unis

La série, qui sera lancée vendredi, met en vedette Beau Knapp dans la peau d'un policier blanc du New Jersey qui heurte accidentellement un adolescent noir avec sa voiture.

shutterstock

Une nouvelle série télévisée de Netflix explore les tensions raciales résultant d'inconduites policières aux États-Unis, et elle a été créée par une Canadienne.

La scénariste et productrice originaire de Toronto Veena Sud, qui a déjà travaillé sur la série «The Killing», affirme avoir eu l'idée de «Seven Seconds» après avoir «ouvert le téléviseur et vu des hommes et des jeunes Noirs se faire tirer dessus presque tous les soirs».

La série, qui sera lancée vendredi, met en vedette Beau Knapp dans la peau d'un policier blanc du New Jersey qui heurte accidentellement un adolescent noir avec sa voiture.

Ses collègues tentent de dissimuler l'affaire, ce qui provoque des tensions raciales dans la ville au fur et à mesure que s'enchaînent les événements.

La distribution inclut aussi Regina King et Russell Hornsby dans le rôle des parents de l'adolescent, de même que Clare-Hope Ashitey dans celui de la procureure adjointe.

Veena Sud a campé sa série à Jersey City, où elle a déjà vécu, et avait l'impression que la statue de la Liberté qui tourne le dos à une communauté diversifiée offrait une image ironique.

«Quand je pensais à la violence policière dans les communautés noires et brunes et à l'impuissance ou l'ignorance du système judiciaire lorsque vient le temps de s'en occuper de façon juste, il me semblait très approprié que la statue de la Liberté ait le dos tourné», a-t-elle confié.

«L'autre raison est que les gens sont maintenant au courant que ça se produit partout en Amérique et non seulement dans le Sud. Je voulais vraiment raconter une histoire au sujet d'un microcosme de chaque ville américaine, (montrer) que la violence policière n'est pas un problème du Sud, mais bien un problème américain.»

Un corps dans la neige

L'histoire raconte un délit de fuite plutôt qu'une fusillade, en partie parce que celui-ci offre l'image puissante d'un corps inerte, gisant dans la neige pendant 12 heures, note-t-elle.

«La quantité de sang laissé dans la neige blanche, dans un lieu qui existe véritablement aux États-Unis, juste de l'autre côté du fleuve derrière la statue de la Liberté, est vraiment très symbolique de la condition américaine à ce stade-ci de notre histoire.»

Il s'agit d'une image récurrente que Veena Sud a réellement aperçue dans les histoires vraies racontées dans les bulletins d'information.

«Je crois que l'une de mes plus grandes influences pour cette histoire fut d'entendre encore et encore — dans la foulée d'une fusillade, dans la foulée de la mort — dans quel état ont été laissés ces jeunes enfants et ces jeunes hommes», a-t-elle confié.

«Leur corps était laissé dans la rue ou dans un terrain de jeu pendant des heures, à la vue de tous, sans qu'on en prenne soin, sans qu'on les aime. Leur famille ne pouvait s'en approcher, comme si on admettait que leur vie n'était pas assez importante pour qu'on leur donne un minimum de respect.»

«Seven Seconds» compte «l'une des équipes de scénaristes les plus diversifiées, sinon la plus diversifiée, de l'industrie», selon la créatrice.

«Des Afro-Américains, des Latinos, un insulaire de l'Asie-Pacifique, des Blancs — et les scénaristes blancs étaient en minorité — et la moitié étaient des femmes.»

«Nous ne faisons pas cela parce qu'on nous dit de le faire, mais bien parce qu'il s'agit des meilleurs scénaristes (...) et notre industrie, et chaque industrie en Amérique, doit commencer à ouvrir ses portes à tous ces talents, et non seulement à quelques-uns.»