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21/02/2018 04:42 EST

Trafic de médicaments au Bénin: ouverture et report d'un procès sans précédent

Un procès sans précédent portant sur un vaste trafic de médicaments s'est ouvert mercredi à Cotonou dans une ambiance électrique, pour être aussitôt reporté au 6 mars à la demande des parties civiles.

"Nous avons souhaité que le procès soit reporté au 6 mars prochain pour qu'on puisse le joindre à une autre affaire d'exercice illégale en pharmacie", a confié un des avocats de la partie civile à l'AFP.

Les accusés devront rester en détention jusqu'à cette date, malgré les demandes de leurs avocats.

Dix suspects, dont les responsables des plus grandes compagnies commerciales pharmaceutiques du Bénin, sont accusés de "vente de médicaments falsifiés, exposition, détention en vue de vente, mise en vente ou vente de substances médicamenteuses falsifiées".

C'est la première fois qu'un procès d'une telle envergure impliquant le secteur de la vente des médicaments et de la pharmacie s'ouvre au Bénin où le gouvernement de Patrice Talon a décidé de faire la guerre au trafic de médicaments, véritable fléau en Afrique de l'Ouest.

Des dizaines de tonnes de faux médicaments, ou des médicaments qui échappent à la commercialisation officielle, ont été saisis et des dizaines de personnes ont été arrêtées depuis les 12 derniers mois.

L'affaire, qui concerne les plus grands acteurs du secteur au Bénin, implique également deux collaborateurs du député de l'opposition Atao Hinnouho, toujours introuvable, chez qui la police a saisi plusieurs centaines de cartons de médicaments début décembre.

Le directeur des Pharmacies, des médicaments et des explorations diagnostic (DPMED), une structure sous tutelle du ministère de la Santé, est également "poursuivi sans mandat" pour "abus de fonction". On lui reproche de ne pas avoir pris des dispositions pour "empêcher la commission de ces infractions".

Placés sous mandat de dépôt depuis mardi, neuf prévenus - tous à l'exception du directeur du DPMED - sont apparus devant le tribunal de première instance dans des uniformes de la prison civile de Cotonou.

Des employés de leurs sociétés étaient présents pour les soutenir. L'un des prévenus a perdu connaissance en pleine audience et a du être sorti évacué de la salle.

Du côté de l'ordre des pharmaciens, on "observe le dossier avec prudence". "Nous savons tous que le secteur est en difficulté et en crise, mais nous connaissons les fautifs. Pourquoi veut-on mettre tout le monde dans le même panier", s'interroge un membre de l'Ordre rencontré par l'AFP.

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