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21/02/2018 09:50 EST

Syrie: l'ONU appelée à voter sur un cessez-le-feu, voulu par Guterres

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a réclamé mercredi un arrêt immédiat des combats dans la zone rebelle de la Ghouta orientale, assiégée par le régime syrien, tandis que le Conseil de sécurité pourrait s'exprimer prochainement sur un cessez-le-feu d'un mois en Syrie.

Selon M. Guterres, la Ghouta orientale est devenue "l'enfer sur Terre".

"J'appelle toutes les parties impliquées à un arrêt immédiat de toute action de guerre dans la Ghouta orientale afin de permettre une aide humanitaire à ceux qui en ont besoin", a-t-il déclaré au Conseil de sécurité, à l'occasion d'une réunion pour discuter de la Charte de l'ONU.

Lors de cette session, la Russie a réclamé la tenue jeudi d'une réunion d'urgence du Conseil sur la Ghouta orientale. Elle permettrait à toutes les parties "de présenter leur vision, leur compréhension de la situation et de proposer des moyens de sortir de la situation actuelle", a dit l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia.

Selon des diplomates, le Conseil de sécurité va être appelé dans les jours à venir à voter sur un projet de résolution imposant un cessez-le-feu d'un mois en Syrie.

L'élaboration du texte a été particulièrement laborieuse. Cela fait plus de quinze jours que les agences de l'ONU sur le terrain ont réclamé au Conseil de sécurité une trêve urgente pour acheminer de l'aide humanitaire et évacuer des blessés et des malades.

Le 8 février, la plus haute instance de l'ONU n'était pas parvenue à faire d'avancée concrète lors d'une réunion sur la Syrie, M. Nebenzia soulignant qu'un cessez-le-feu humanitaire "n'était pas réaliste".

Le projet de résolution, rédigé par la Suède et le Koweït et amendé déjà plusieurs fois, impose un cessez-le-feu de 30 jours en Syrie pour un accès humanitaire immédiat. Un diplomate a indiqué sous couvert d'anonymat s'attendre à une abstention sur ce texte de la Russie, premier soutien de Damas.

Le texte ne s'appliquerait pas à la lutte contre les groupes jihadistes Etat islamique et Al-Qaïda. Il permettrait ainsi au gouvernement syrien de poursuivre ses attaques notamment dans la province d'Idleb, selon des diplomates.

Selon le dernier projet, un cessez-le-feu entrera en vigueur 72 heures après l'adoption du texte par le Conseil de sécurité. La livraison d'une aide humanitaire urgente (médicaments et nourriture) débuterait 48 heures après le début du cessez-le-feu.

Des levées de siège dans la Ghouta orientale, à Yarmouk, Foua et Kafraya seraient aussi imposées et des évacuations médicales permises.

Plus de 13,1 millions de Syriens ont actuellement besoin d'aide humanitaire, dont 6,1 millions de déplacés à l'intérieur du pays depuis le début de la guerre civile il y a près de sept ans. Le conflit a fait plus de 340.000 morts.

prh/elm