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21/02/2018 09:48 EST

Paris: la justice annule l'interdiction des bords de Seine aux voitures

Le tribunal administratif de Paris a annulé mercredi la fermeture à la circulation des bords de Seine sur la rive droite du fleuve, une mesure phare mais controversée de la maire de la capitale pour lutter contre la pollution de l'air.

Voulue au nom de la qualité de l'air et pour redonner aux piétons et vélos l'usage de ces berges, la fermeture de la voie rapide Georges-Pompidou, ardemment défendue par la maire socialiste Anne Hidalgo, interdisait aux voitures 3,3 kilomètres de voies sur berges depuis l'automne 2016.

Mais le tribunal a annulé la délibération du Conseil municipal de Paris qui déclarait l'intérêt général de l'opération d'aménagement des berges de la rive droite de la Seine. Cette annulation entraîne celle d'un arrêté municipal d'octobre 2016 qui créait une promenade publique sur la voie Georges-Pompidou.

Le tribunal indique que la délibération du Conseil de Paris a été adoptée "après une enquête publique réalisée sur le fondement d'une étude d'impact du projet" qui "comportait des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores, éléments majeurs d'appréciation de l'intérêt général du projet".

Anne Hidalgo a immédiatement annoncé que la Ville allait faire appel de cette décision.

L'aménagement des berges "a été saluée par les Parisiens mais aussi par des centaines de milliers de visiteurs venus du monde entier", a estimé la maire socialiste, pour qui "les résultats sont là, tant en matière de baisse de la pollution que de baisse du trafic automobile".

La décision d'interdire aux voitures la voie Georges-Pompidou avait été fortement critiquée par l'opposition de droite et les associations de défense des automobilistes. Et elle a régulièrement donné lieu à des batailles de chiffres sur l'impact sur les embouteillages, le bruit ou la pollution.

"Tout le monde a pu constater les conséquences négatives de ce projet qui n'a fait que reporter la pollution et le bruit au plus près des habitations", a réagi le groupe Les Républicains (droite) du Conseil de Paris.

Les élus écologistes ont eux demandé à la Ville de "tout mettre en oeuvre pour assurer la pérennisation" de l'interdiction de circulation, dénonçant une décision "qui va à l'encontre de la politique de réduction de la pollution de l'air menée depuis 2014".

ff/mw/mra