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21/02/2018 05:05 EST

Merkel met en garde contre l'influence politique de la Chine en Europe

Angela Merkel a averti mercredi la Chine qu'elle ne devait pas lier ses investissements dans les Balkans à des questions politiques, à un moment où Pékin est accusé par certains de vouloir étendre par ce biais son influence en Europe.

"Nous sommes pour le libre-échange", a souligné Angela Merkel lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre macédonien, Zoran Zaev.

Mais d'une part "cela doit être réciproque, dans les relations avec la Chine, c'est très important que l'ouverture ne vienne pas que d'une partie mais de toutes les parties", a-t-elle ajouté.

Et d'autre part chercher à lier les relations commerciales "à des questions politiques, je ne trouve pas que ceci soit une contribution au libre-échange", a jugé la chancelière.

Elle faisait manifestement allusion à l'initiative chinoise des "Nouvelles routes de la soie", un colossal projet d'investissements dans les infrastructures à destination de l'Europe, qui fait parfois craindre de voir le régime communiste étendre son influence politique vers l'Europe, notamment.

Parmi les cibles, plusieurs pays de l'est ou du sud du continent, prompts à accepter l'argent des Chinois y compris dans les secteurs stratégiques, comme la Grèce qui a vendu le port du Pirée dans le cadre des privatisations réclamées par ses partenaires européens en échange de plans d'aide financière.

Mme Merkel n'a pas explicité ce qu'elle entendait par l'influence politique. Mais une des craintes des Européens est que les pays des Balkans profitant des investissements chinois soient ensuite plus enclins à défendre les intérêts de Pékin au sein de l'UE.

La Macédoine veut à tout prix rejoindre l'Union européenne et l'Otan.

Ce projet de "Nouvelles routes de la soie" a été au coeur de la récente visite du président français, Emmanuel Macron en Chine. A cette occasion, il a souligné que "certains pays sont beaucoup plus ouverts aux intérêts chinois, parfois aux dépens d'un intérêt européen".

Paris a émis le souhait d'une position commune face à Pékin entre pays de l'UE décidés à privilégier l'intérêt européen sur leur intérêt national à court terme.

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