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21/02/2018 12:10 EST | Actualisé 21/02/2018 12:10 EST

Louise Chabot quittera la présidence de la CSQ en juin

Mme Chabot n'a pas voulu s'avancer à savoir qui lui succédera.

The Canadian Press Images

La présidente de la CSQ, Louise Chabot, quittera la présidence de la centrale syndicale en juin prochain.

Elle vient d'en faire l'annonce aux délégués de la Centrale des syndicats du Québec, réunis en conseil général à Laval.

Au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne, Mme Chabot, sereine, a dit partir parce que «le moment est venu», après 30 années passées au sein de la CSQ, dont deux mandats à la présidence.

Mme Chabot n'a pas l'intention de se lancer en politique provinciale ou fédérale, mais avoue un certain penchant pour la politique municipale. Elle a sa résidence principale dans une toute petite municipalité près du parc national de la Mauricie.

«La politique municipale, quand vous me parlez de politique, un engagement au municipal, ça pourrait être quelque chose que je ne renierais pas», a-t-elle admis.

Bien que la CSQ soit surtout identifiée au monde l'éducation — puisqu'elle représente environ les deux tiers des enseignants du primaire et du secondaire, ainsi que les professionnels de l'éducation et employés du soutien scolaire — elle représente également 5000 infirmières et infirmières auxiliaires. Mme Chabot est elle-même une infirmière.

Et elle a aussi obtenu son baccalauréat en droit. Les questions de justice sociale, d'équité, la passionnent.

Mais dès après son départ, en juin, elle veut «prendre le temps de s'arrêter» après avoir vécu dans les valises et connu les longues heures que nécessite l'engagement syndical.

Mandats éprouvants

Arrivée à la présidence de la CSQ en 2012, Mme Chabot aura connu un mandat marqué par une difficile négociation dans les secteurs public et parapublic en 2015, avec le front commun intersyndical.

Mais son mandat aura surtout été ponctué par des restrictions budgétaires répétées dans la santé, l'éducation et les services de garde — trois secteurs dans lesquels la centrale a des membres. Mme Chabot n'a eu de cesse de protester contre «le démantèlement de l'État» et, ensuite, de plaider pour un réinvestissement dans les services publics.

Front commun

En 2017, la CSQ a aussi perdu 4000 membres, à la suite des votes d'accréditation syndicale dans la santé, rendus nécessaires par les fusions d'établissements.

Ces votes d'accréditation syndicale dans la santé en 2017, et la rude campagne de maraudage entre syndicats qui les a précédés, «ça a laissé des traces», avoue Mme Chabot.

Malgré tout, elle croit que le front commun intersyndical survivra aux tensions qui persistent à la suite de ces votes dans la santé.

«Ça doit être possible. J'y crois à la nécessité des alliances, mais ça ne doit pas être une façade. Les alliances, ça doit être senti, parce qu'on partage quelque chose de commun», a-t-elle martelé.»

Elle rappelle qu'il y a eu deux négociations du secteur public où il y a eu des protocoles de non-maraudage entre les organisations syndicales. «C'était tout un pacte entre nous. On s'est dit: si on a une négo à faire en front commun, comment en même temps on peut se marauder?»

Mais des cicatrices demeurent. «C'est sûr que perdre des membres comme ça, ça nous rend peut-être frileux à penser: est-ce qu'on maintiendrait un pacte de non-agression en cas de front commun? Est-ce qu'on va profiter de la prochaine campagne de changement d'allégeance pour tenter de reconquérir» des membres? demande-t-elle.

Elle s'empresse toutefois d'ajouter: «je pense que ce serait une erreur au plan de la solidarité; je pense qu'on va être capable de dépasser ça comme mouvement syndical».

Femmes

Mme Chabot, qui dirige une centrale composée principalement de femmes, aimerait que celles-ci prennent plus de place à la tête des syndicats. «Ça reste un chantier inachevé» pour elle.

Mme Chabot n'a pas voulu s'avancer à savoir qui lui succédera, lors du congrès de juin. Elle a seulement affirmé qu'elle souhaiterait que ce soit une femme.

Mme Chabot avait été présidente de l'Union québécoise des infirmières en 1998-2000, puis 3e vice-présidente de la CSQ de 2000 à 2003, puis 1ère vice-présidente de 2003 à 2012, avant d'être élue comme présidente en 2012.

Le départ de Mme Chabot de la CSQ survient après ceux de Régine Laurent de la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé), de Lucie Martineau du SFPQ (Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec) et de François Vaudreuil de la CSD (Centrale des syndicats démocratiques).

La CSQ compte environ 200 000 membres; elle est la troisième centrale syndicale du Québec, en termes d'importance du membership, après la FTQ (600 000 membres) et la CSN (300 000).