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21/02/2018 04:00 EST

Le Pakistan évite d'être placé sur une liste de pays finançant le terrorisme

Le Pakistan a provisoirement évité d'être placé sur une liste de pays finançant le terrorisme lors d'une réunion financière se tenant cette semaine à Paris, selon son ministre des Affaires étrangères Khawaja Asif.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole du Gafi s'est refusée à tout commentaire, ajoutant que cet organisme intergouvernemental basé en France, dont la vocation est de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, avait jusqu'à vendredi pour prendre une décision formelle.

Le Pakistan a obtenu un sursis de trois mois du Gafi, en attendant la rédaction d'un nouveau rapport le concernant, avait tweeté M. Asif mardi soir. "Pas de consensus pour désigner le Pakistan", avait écrit le ministre. "(Nous sommes) reconnaissants aux amis qui nous ont aidés", avait-il ajouté.

Mardi soir, Heather Nauert, une porte-parole du département d'Etat américain, avait également refusé de confirmer l'annonce du ministre, indiquant qu'"à sa connaissance, la décision serait rendue plus tard cette semaine", probablement jeudi selon elle.

Islamabad a amendé la semaine dernière sa législation afin de rendre hors-la-loi les individus considérés comme terroristes par l'ONU. Les autorités ont depuis initié la saisie de biens du groupe islamiste Jamaat-ud-Daawa (JuD), dont le dirigeant Hafiz Saeed est considéré comme l'un des responsables présumés des attentats de Bombay en 2008.

Selon les médias, ce sont les Etats-Unis qui ont pris l'initiative de proposer au Gafi de réintégrer le Pakistan dans la liste grise des pays finançant le terrorisme. Les relations sont tendues entre Islamabad et Washington, notamment depuis la libération de Hafiz Saeed en novembre suite à une décision judiciaire pakistanaise.

"Cette libération est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase", a déclaré à l'AFP un diplomate occidental sous couvert d'anonymat, ajoutant que le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne soutiennent l'initiative américaine.

"On a considéré que les efforts réalisés récemment par le Pakistan n'étaient pas suffisants, notamment en terme de comptes bancaires bloqués ou d'avoirs gelés", a-t-il argumenté.

Le 1er janvier, la Commission de sécurité et d'échange du Pakistan, l'autorité boursière, avait également rendu un avis qui "interdit à toutes les entreprises de donner de l'argent à des entités et des individus faisant partie de la liste de sanction du Conseil de sécurité de l'ONU".

Les Etats-Unis, qui reprochent également au Pakistan d'héberger des terroristes sur son territoire, ont suspendu leur aide militaire en janvier, arguant qu'Islamabad n'en faisait pas assez contre les talibans afghans et leurs alliés du réseau Haqqani.

Le Pakistan a figuré plusieurs années sur la liste grise du Gafi, dont il a réussi à se faire retirer en 2015 après avoir réalisé des "progrès significatifs". Le Parlement pakistanais avait voté la même année des amendements à une loi contre le blanchiment d'argent afin de faciliter la lutte contre le financement des groupes extrémistes.

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