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21/02/2018 13:52 EST | Actualisé 21/02/2018 23:01 EST

La Foire d'art contemporain de Madrid retire des photos de nationalistes

MADRID — La Foire internationale d'art contemporain de Madrid a retiré mercredi d'un kiosque une exposition de photographies intitulée «Prisonniers politiques dans l'Espagne actuelle», et l'agence gouvernementale qui chapeaute l'événement a aussitôt été accusée de censure.

Alors que des leaders et des militants indépendantistes catalans sont emprisonnés en Espagne de façon «préventive», l'affaire a fait grand bruit mercredi.

Les organisateurs de la foire internationale ont indiqué dans un communiqué que les propriétaires du palais des expositions avaient demandé à la galerie Helga de Alvear de retirer les photographies de l'artiste Santiago Sierra, qui montraient des prisonniers non identifiés. On explique que la controverse entourant ces oeuvres détournera l'attention des visiteurs du reste de la foire. Le palais des expositions soutient que la galerie a accepté — elle a laissé un grand mur vide.

Le studio de l'artiste soutient que ce geste mine le prestige de l'événement international et celui de l'Espagne. On soutient que les prisonniers politiques montrés dans les photographies ont tous en commun de vouloir exprimer leurs idées sans recourir à la violence.

La série de 24 photographies en noir et blanc montre des prisonniers, en buste, leur visage pixellisé. Les légendes soulignent qu'il s'agit notamment de nationalistes basques ou catalans, sans les identifier. Par contre, certaines photos montrent des gens qui risquent d'être poursuivis à la suite des événements catalans, et qui seront facilement reconnaissables des Espagnols, malgré la pixellisation.

Carlos Urroz, directeur de la Foire internationale d'art contemporain (ARCO), a indiqué que chaque espace d'exposition occupé par une galerie constitue un endroit privé. Il précise aussi que l'oeuvre de l'artiste Sierra a toujours été controversée.

Le conseil municipal de Madrid a indiqué qu'il n'appuyait pas cette décision, et qu'il défendait «par-dessus tout» la liberté d'expression et la créativité.