NOUVELLES
20/02/2018 23:19 EST

Italie: un nouveau système électoral sans garantie de stabilité

Les Italiens vont voter pour la première fois lors des législatives du 4 mars avec une nouvelle loi électorale, un système compliqué qui risque d'accoucher d'un Parlement sans majorité stable.

En substance, il s'agit d'un mélange de scrutin proportionnel et majoritaire. Un bon tiers des siège est attribué au scrutin uninominal (le candidat obtenant le plus de voix est élu) tandis que près des deux tiers sont attribués à la proportionnelle (les candidats sur les listes obtenant le plus de voix sont élus).

Ce système complexe favorise les coalitions et/ou les partis fortement enracinés sur le territoire, mais dans un pays où trois forces politiques -- droite, gauche et populistes -- s'affrontent, sans qu'aucune soit prédominante, il risque de conduire à un Parlement sans majorité stable.

Selon le professeur Roberto D'Alimonte de l'université Luiss, considéré comme l'un des principaux experts du pays en systèmes électoraux, le seuil minimum pour qu'un parti/coalition obtienne la majorité de 318 sièges sur 630 à la Chambre des députés est de 40% des voix dans les collèges à la proportionnelle et 70% dans les collèges au scrutin uninominal.

Au Sénat, pour obtenir 158 sièges sur 315, il faut gagner 50% des voix dans les deux types de collège, selon l'expert.

Dans le système politique italien, les deux chambres du Parlement ont la même importance, votent toutes les deux la confiance au gouvernement et adoptent les lois avec les mêmes pouvoirs mais leur composition et leur mode d'élection diffèrent.

Pour être admis à la chambre basse, un parti doit obtenir au moins 3% des voix tandis qu'une coalition doit obtenir au moins 10% des voix et en son sein au moins un parti doit atteindre 3%. Les voix des partis n'arrivant pas à 1% des votes ne sont pas prises en compte, même si ces derniers font partie d'une coalition.

Ces seuils s'appliquent également au Sénat, sauf que pour la chambre haute, en raison d'une spécificité constitutionnelle italienne, une liste atteignant 20% des votes, même dans une seule des 20 régions du pays, peut prétendre à des élus, quel que soit son résultat au niveau national.

Afin de garantir aux proches d'un chef de parti une élection assurée, un candidat peut se présenter dans un seul collège uninominal mais il peut en même temps être présent sur cinq listes pour la partie proportionnelle, de manière à avoir la certitude d'être élu, dans une circonscription ou une autre.

ljm/ob/lch