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21/02/2018 03:29 EST

France/fraude fiscale: la défense de l'ex-ministre Cahuzac veut lui éviter la prison

"Je vous supplie de ne pas l'envoyer en prison": la défense de l'ex-ministre français du Budget Jérôme Cahuzac, condamné en 2016 à la prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment, a appelé mercredi à une "juste peine" contre un homme déjà "à terre".

La cour d'appel de Paris rendra le 15 mai sa décision concernant le brillant ministre devenu un paria de la République française, à l'origine du plus retentissant scandale du quinquennat de François Hollande.

"Cahuzac en prison, ce n'est pas une décision de justice", a plaidé son avocat Eric Dupond-Moretti, proposant même "d'alourdir la peine" en augmentant la partie avec sursis mais de ne pas envoyer "en taule" l'ancien chirurgien, qui fut ministre de mai 2012 à mars 2013, sous la présidence du socialiste François Hollande (2012-2017).

La veille, l'avocat général avait requis la "confirmation" de la condamnation de 2016 à trois ans de prison et cinq ans d'inéligibilité contre l'ancien responsable qui avait menti sur l'existence d'un compte caché à l'étranger.

Cette faute avait "durement rompu l'équilibre social", selon l'accusation, et engendré un scandale qui avait ébranlé le gouvernement et abouti à la création de nouveaux outils contre l'évasion fiscale et la corruption.

Une confirmation du jugement enverrait Jérôme Cahuzac, 65 ans, derrière les barreaux. Alors qu'une peine égale ou inférieure à deux ans d'emprisonnement ouvrirait la possibilité d'un aménagement de peine pour l'ex-ministre, qui a confié sa "peur d'aller en prison" au premier jour de son procès en appel.

"La prison, c'est quand il n'y a aucune autre solution", a martelé mercredi son avocat, demandant aux juges d'appel de se distinguer de la "vindicte" qui cherche à la fois des héros et des boucs-émissaires pour "incarner le mal absolu".

Il a décrit un homme seul, qui vit reclus en Corse, île méditerranéenne, "prisonnier de son mensonge", qui "n'a pas envie que tout s'écroule".

"Et s'il se flingue en taule?" s'est interrogé Eric Dupond-Moretti, tout en se défendant de tout "chantage" à la cour. "Je ne demande pas la lune. Je suggère même d'aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l'envoyer en prison".

Pourfendeur de la fraude fiscale lorsqu'il était au gouvernement, Jérôme Cahuzac avait menti pendant des mois à ses proches, aux parlementaires, aux médias, niant les accusations "les yeux dans les yeux", avant d'avouer en avril 2013 l'existence d'un compte dissimulé à l'étranger: 600.000 euros en Suisse, transférés à Singapour en 2009 via des sociétés offshore.

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