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21/02/2018 01:16 EST

France/fraude fiscale: décision le 15 mai pour l'ex-ministre Cahuzac

La cour d'appel de Paris rendra sa décision le 15 mai concernant l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, condamné en première instance à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment.

"Cahuzac en prison, ce n'est pas une décision de justice", a plaidé mercredi son avocat Eric Dupond-Moretti, proposant même "d'alourdir la peine" en augmentant la partie avec sursis mais de ne pas envoyer "en taule" l'ancien chirurgien, qui fut ministre de mai 2012 à mars 2013, sous la présidence du socialiste François Hollande (2012-2017).

La veille, l'avocat général avait requis la "confirmation" de la condamnation de 2016 à trois ans de prison et cinq ans d'inéligibilité contre l'ancien responsable qui avait menti sur l'existence d'un compte caché à l'étranger.

Cette faute avait "durement rompu l'équilibre social", selon l'accusation, et engendré un scandale qui avait ébranlé le gouvernement et abouti à la création de nouveaux outils contre l'évasion fiscale et la corruption.

"La prison, c'est quand il n'y a aucune autre solution", a martelé l'avocat de Jérôme Cahuzac, demandant aux juges d'appel de se distinguer de la "vindicte" qui cherche à la fois des héros et des boucs-émissaires pour "incarner le mal absolu".

Il a décrit un homme "prisonnier de son mensonge", qui "n'a pas envie que tout s'écroule". Aujourd'hui un homme seul, qui vit reclus en Corse, île méditerranéenne, et qui a dit son "regret".

"Je ne demande pas la lune. Je suggère même d'aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l'envoyer en prison", a-t-il insisté.

Une confirmation du jugement enverrait Jérôme Cahuzac, 65 ans, derrière les barreaux. Alors qu'une peine égale ou inférieure à deux ans d'emprisonnement ouvrirait la possibilité d'un aménagement de peine.

Pourfendeur de la fraude fiscale lorsqu'il était au gouvernement, Jérôme Cahuzac avait menti pendant des mois à ses proches, aux parlementaires, aux médias, niant les accusations "les yeux dans les yeux", avant d'avouer en avril 2013 l'existence d'un compte dissimulé à l'étranger: 600.000 euros en Suisse, transférés à Singapour en 2009 via des sociétés offshore.

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