POLITIQUE
21/02/2018 22:58 EST | Actualisé 22/02/2018 15:51 EST

Fausses nouvelles: Ottawa a peu d'emprise, révèlent des notes de Mélanie Joly

«Ottawa ne peut intervenir directement dans cet enjeu».

Amanda Edwards via Getty Images

Dans une dépêche transmise mercredi, La Presse canadienne écrivait que le gouvernement fédéral ne croyait pas pouvoir faire une différence seul pour endiguer le flot de fausses nouvelles qui déferlent sur le Canada, selon des notes d'information préparées pour la ministre du Patrimoine Mélanie Joly. Or, il aurait été plus juste de dire que les notes ont été préparées par le ministère du Patrimoine canadien.

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Le gouvernement fédéral ne croit pas pouvoir faire une différence seul pour endiguer le flot de fausses nouvelles qui déferlent sur le Canada, selon des notes d'information préparées pour la ministre du Patrimoine Mélanie Joly.

Selon les documents obtenus par La Presse canadienne, grâce à une demande d'accès à l'information, le gouvernement reconnaît que les fausses nouvelles pourraient menacer les institutions démocratiques du Canada, dans un contexte où les médias traditionnels font face à des restrictions budgétaires et des défis financiers. Les notes ajoutent cependant que le gouvernement ne croit pas pouvoir faire en sorte de les stopper.

L'impossibilité pour le gouvernement de déterminer ce que les Canadiens doivent considérer, ou non, comme de la fausse information est l'une des raisons pour lesquelles Ottawa ne peut intervenir directement dans cet enjeu, d'après les notes rédigées en novembre dernier par le sous-ministre Graham Flack.

Même si le gouvernement tentait d'identifier publiquement les fausses histoires qui circulent, Graham Flack craint de déclencher l'effet inverse, laissant entendre que cela pourrait renforcer davantage la théorie du complot chez les lecteurs convaincus et entraîner plus de partages.

Dans l'ensemble, les notes en viennent à la conclusion que le rôle de combattre la désinformation ne doit pas reposer uniquement sur les épaules du gouvernement et qu'il n'existe pas de "solution simple".

L'association Médias d'Info Canada, qui représente près de 1000 publications numériques et imprimées, croit le contraire. Pour son président John Hinds, la solution est claire: "L'antidote à la fausse information, c'est la vraie information."

"Il ne s'agit pas de réinventer la roue, il s'agit de soutenir les infrastructures existantes qui sont capables de fournir de l'information crédible aux Canadiens", soutient M. Hinds.

Cet appui pourrait justement être en voie de se concrétiser. En janvier, Mélanie Joly a laissé entendre lors d'une rencontre avec des représentants de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), qui compte près de 6000 membres, que l'industrie des médias d'information devrait recevoir de l'aide financière dans le prochain budget fédéral qui doit être présenté la semaine prochaine.

Toutefois, dans les documents reçus par La Presse canadienne, Ottawa aborde séparément les deux enjeux des fausses nouvelles et des difficultés financières des médias traditionnels.

Les notes ciblent plutôt des partenariats entre les entreprises de médias sociaux et des organisations d'éducation aux médias afin de combattre la désinformation.

Dans un commentaire envoyé par courriel, la ministre Mélanie Joly a déclaré être engagée à travailler avec les entreprises de médias sociaux et d'autres plateformes internet pour combattre la désinformation. Elle n'a pas voulu commenter la possibilité d'une aide financière pour les médias dans le prochain budget fédéral.

Mélanie Joly dit considérer la désinformation et la fausse information comme de véritables problèmes face auxquels il faut demeurer vigilant.

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