POLITIQUE
21/02/2018 14:34 EST | Actualisé 27/02/2018 15:18 EST

De la rue à l'Assemblée nationale

La députée Manon Massé a posé des questions écrites par des jeunes de la rue au premier ministre Couillard. Ses réponses ont quelque peu déçu.

QUÉBEC – Un jeune homme articulé, Nicolas Lefrançois, 22 ans, semble être un étudiant parmi tant d'autres venu écouter la période de questions à l'Assemblée nationale.

Pourtant, à 19 ans, n'ayant pas terminé ses études secondaires, ses parents l'ont mis dehors et il s'est par la suite retrouvé à vivre dans les rues de Montréal. Depuis un an environ, il se remet sur pied grâce aux intervenants de l'organisme Dans la rue.

Nicolas fait partie des dizaines de jeunes qui ont travaillé ensemble, dans les dernières semaines, à formuler des questions sur l'accès au marché du travail et les soins de santé, entre autres, en collaboration avec l'organisme Exeko. Leur députée locale, Manon Massé, les a posées au premier ministre Philippe Couillard.

Six d'entre eux étaient présents dans les tribunes de l'Assemblée nationale, le mardi 20 février, pour entendre les réponses à leurs questions. Mais elles ont quelque peu déçu.

Pour entendre l'échange complet, c'est par ici :

Nicolas était excité de venir à l'Assemblée nationale pour la première fois, mais se désole de voir que le premier ministre Couillard n'a pas répondu directement à leurs questions. Il n'était pas non plus impressionné par la qualité des échanges des élus.

«On dirait que j'étais de retour à la maternelle, avec l'attitude : "Mon père est plus fort que le tien!"» s'est-il exclamé à la sortie de la période de questions au Salon bleu.

«J'ai vu des enfants dans une classe se comporter mieux qu'eux, a renchéri l'un de ses collègues à l'allure punk, qui ne souhaite pas être nommé. Si j'envoyais des textos au travail [comme le font des députés au Salon bleu], j'aurais des ennuis. Ils dirigent une province, après tout!»

Une autre participante du groupe a été étonnée de voir les «réponses automatiques» du gouvernement quand l'opposition posait des questions.

Nicolas a cependant aimé son expérience. «Tu te sens comme si tu faisais partie des vraies affaires et comme si tu faisais partie de la société. Tu ne te sens pas mis à part.»

Il a affirmé qu'une telle expérience lui donnait même envie de faire de la politique un jour.