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21/02/2018 07:22 EST

Chypre exhorte la Turquie à mettre fin à l'impasse gazière

Le président chypriote-grec Nicos Anastasiades a exhorté mercredi la Turquie à cesser son blocage de l'exploration de gaz au large de l'île qui pourrait, selon lui, bénéficier à la fois aux Chypriotes-grecs et turcs une fois le pays réunifié.

"La rhétorique de la Turquie et des Chypriotes-turcs est injustifiée et sans fondement. Elle ne sert pas les intérêts du peuple chypriote (...) Les projets de la République de Chypre en matière d'énergie vont se poursuivre", a affirmé le chef d'Etat dans un communiqué.

"J'appelle publiquement la Turquie et la communauté chypriote-turque à (...) revenir à la table des négociations", à condition que cesse la violation des droits de Chypre dans sa Zone économique exclusive (ZEE), a-t-il ajouté.

Nicosie accuse Ankara d'avoir violé le droit international début février en bloquant au large de l'île un navire affrété par le géant italien Eni, qui détient des licences d'exploration dans la ZEE chypriote.

Mercredi, M. Anastasiades a assuré que les richesses naturelles de l'île appartiennent à l'Etat et seront partagées avec les Chypriotes-turcs une fois l'île réunifiée.

Chypre est divisée depuis 1974. La République de Chypre, membre de l'UE, n'exerce son autorité que sur les deux tiers sud du pays, le tiers nord étant géré par une autoproclamée République turque de Chypre-Nord (RTCN), uniquement reconnue par Ankara.

Le processus pour la réunification est en suspens depuis l'échec l'an dernier des dernières négociations parrainées par l'ONU.

Le dirigeant de la RTCN, Mustafa Akinci, a quant lui accusé mercredi les autorités chypriotes-grecques de se comporter comme si toutes les ressources naturelles de l'île leur appartenaient. Il a appelé les Chypriotes-grecs à "faire preuve de compréhension et de collaboration", ajoutant que les leçons tirées de la crise devaient permettre de construire l'avenir.

Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy, a pour sa part assuré qu'Ankara ne voulait pas "faire monter les tensions en mer Egée".

"Mais les méthodes inamicales de la Grèce ne peuvent être tolérées, nous avons des obligations liées au droit international et nous sommes prêts à les défendre", a affirmé M. Aksoy lors d'une conférence de presse.

Les explorations gazières menées dans la ZEE par la République du Chypre ont déclenché des tensions avec Ankara, qui réclame leur suspension dans l'attente d'une solution à la division de l'île.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait mis en garde les compagnies internationales comptant prospecter dans les eaux chypriotes, arguant défendre les "droits inaliénables" de la communauté chypriote-turque sur les ressources naturelles de l'île.

Le blocage du navire italien était intervenu après l'annonce par Nicosie de la découverte d'importantes réserves de gaz dans un des blocs de sa ZEE exploré conjointement par Eni et le Français Total.

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