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20/02/2018 14:27 EST | Actualisé 20/02/2018 14:27 EST

Victoire de Virtue et Moir: la partialité de la juge canadienne questionnée

Le président de la Fédération française des sports de glace a remis en cause la partialité de Leanna Caron, aussi la présidente de Patinage Canada.

Phil Noble / Reuters

La médaille d'or remportée mardi, aux Jeux olympiques de Pyeongchang, par les patineurs artistiques canadiens Tessa Virtue et Scott Moir dérange dans l'Hexagone, particulièrement Didier Gailhaguet.

Le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) a remis en cause la partialité de la juge canadienne, Leanna Caron, qui est aussi la présidente de Patinage Canada.

Virtue et Moir ont devancé Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron — leurs partenaires d'entraînement — par 79 centièmes de point à l'issue du programme libre, au cours duquel les Français ont établi une nouvelle marque mondiale avec une récolte de 123,35 points, pour un total de 205,28.

Le duo canadien a reçu 206,07 points en tout.

Dans un entretien accordé à Le Parisien, Gailhaguet remet en doute la partialité de la juge canadienne, soulignant qu'elle est la seule à ne pas avoir accordé la moindre note de 10 au couple tricolore. Il ajoute plus loin que lors du programme court, «l'ensemble des juges les a mis premiers sur la note artistique», mais que la juge Caron «les met huitièmes.»

«No comment», conclut-il.

Vrai que Caron a réservé ses pires notes aux Français en ce qui a trait aux deux duos de tête, mais Gailhaguet omet de souligner le travail du juge no 6, la Turque Tanay Ozkan Silaoglu, qui a fait exactement le contraire, soit d'accorder ses meilleures notes aux Français pour réserver son pire jugement aux Canadiens.

Le système de pointage utilisé en patinage artistique — comme dans plusieurs autres sports jugés — fait toutefois en sorte que le plus haut pointage et le plus bas sont éliminés du calcul final. Cizeron a d'ailleurs lui-même tempéré.

«Dans le règlement, la meilleure note et la plus mauvaise sont de toute façon effacées lors de notre passage, donc ça ne rentre pas dans la ligne de compte», a rappelé le Français sur BFM TV.

Gailhaguet ajoute par ailleurs que la FFSG a fait part de ses doutes au sujet de la présence de Caron dans le panel bien avant les JO.

«Il y a un problème que nous avons mentionné depuis un bon moment, a-t-il indiqué. Les règles permettent à la juge canadienne d'être aussi présidente de la Fédération canadienne en même temps. Si elle peut le faire, elle a le droit de juger. Sur le plan de l'éthique, c'est quelque chose qui n'est pas terrible, ça donne une mauvaise image.»

L'Union international de patinage (ISU) permet aux présidents de fédération d'agir comme juge internationaux.

Si Gailhaguet s'emporte au sujet de cette médaille d'argent, il n'est pas blanc comme neige. Le Parisien rapporte avec justesse qu'il avait été suspendu trois ans, en avril 2002, pour avoir fait pression sur la juge française Marie-Reine Le Gougne aux Jeux d'hiver de Salt Lake City.

Il avait alors demandé à Le Gougne de favoriser les Russes Elena Berezhnaya et Anton Sikharulidze, qui ont enlevé le titre en couple au détriment des Canadiens Jamie Salé et David Pelletier. En échange, le juge russe devait favoriser le couple français Gwendal Peizerat et Marina Anissina, sacré en danse lors de ces Jeux.

Le Comité international olympique avait néanmoins décidé de décerner une autre médaille d'or au couple canadien. L'ISU avait quant à elle suspendu Le Gougne et Gailhaguet pendant trois ans et les avait bannis des Jeux de Turin, en 2006.