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20/02/2018 13:42 EST | Actualisé 20/02/2018 13:42 EST

Hockey: Les femmes «doivent jouer comme des femmes»

Le président de l'IIHF y est allé d'une petite séance de «mansplaining» en marge du tournoi en cours à Pyeongchang.

Bruce Bennett/Getty Images

Le président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), René Fasel, croit que les femmes «doivent jouer comme des femmes» et éviter d'imiter les hommes.

Selon Radio-Canada, M. Fasel déplore que la Norvège et la Suède utilisent les mises en échec dans le développement du sport. «Avec la Norvège, elle (la Suède) autorise les mises en échec, a-t-il dit. C'est une très mauvaise initiative. L'erreur qu'il ne faut absolument pas faire, c'est quand les femmes essaient de jouer comme les hommes. Les femmes doivent jouer comme des femmes», a-t-il déclaré.

«Les femmes n'arriveront jamais à jouer comme les hommes. Il leur manque la force. Il leur manque la rapidité. Il leur manque le physique», a-t-il poursuivi, selon Radio-Canada.

Ce sont la technique et la rapidité des femmes qui font la force du hockey féminin, selon lui.

M. Fasel a fait ses affirmations alors qu'on lui demandait si les Canadiennes et les Américaines avaient un style trop physique. «Vous savez, il y a toujours cette éternelle demande de certaines femmes de jouer la mise en échec. Vous vous imaginez, quand on voit les Suédoises contre les Japonaises ou contre les Coréennes, et qu'elles commencent à jouer la mise en échec? On peut oublier l'Asie. Il n'y a personne qui viendra. Ce n'est pas possible», a-t-il argué.

La position de M. Fasel a été décriée dans une lettre ouverte publiée par Anne-Marie Pilote et Arnaud Montreuil, respectivement doctorante en communication à l'UQÀM et doctorant en histoire à l'Université d'Ottawa/Paris 2 Pathéon-Sorbonne, dans Le Devoir.

Ces derniers estiment que le langage utilisé par René Fasel comporte des stéréotypes «à peine voilés». «[Ses propos] relèvent d'une logique argumentaire qui ne repose que sur des constructions mentales reproduisant les inégalités de genre. La tenue de propos infondés de cet acabit ne saurait avoir d'autre conséquence que l'accentuation de la dimension normative du sport pour les femmes (exigences spécifiques de beauté, de grâce, de finesse, de discipline, de performance technique), qui tendent à cantonner les femmes dans une fonction d'objet esthétique», soutiennent-ils.

Les propos ont aussi suscité quelques réactions dans la twittosphère: