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20/02/2018 12:14 EST | Actualisé 20/02/2018 13:15 EST

Fillette défigurée par des pitbulls: l'accusé ne témoignera pas

Il est passible de 10 ans de prison.

Getty Images/EyeEm

Karim Jean Gilles, l'homme accusé de négligence criminelle pour les graves blessures subies par la petite Vanessa violemment attaquée par l'un de ses pitbulls en 2015, a plaidé mardi que son chien n'avait jamais attaqué d'humain auparavant et semble avoir laissé entendre qu'il y avait peut-être eu provocation.

Il a aussi dit au juge Pierre Bélisle qu'il n'avait "jamais voulu que quoi que ce soit arrive à quiconque".

Dans sa brève plaidoirie qui a duré tout au plus 10 minutes, l'accusé a souligné qu'un seul témoin, Neil Alexander, est venu au tribunal expliquer que son chien avait été attaqué par l'un des chiens de l'accusé alors que les voisins immédiats qui ont des animaux n'ont jamais eu de problème avec les deux siens.

L'accusé a parlé de provocation dans sa plaidoirie.

"Par rapport à l'événement (qu'il n'a pas clairement identifié), je ne sais pas si la situation a été provoquée ou totalement accidentelle", a-t-il dit au juge Bélisle, d'une voix calme et posée. Il avoue toutefois qu'il n'était pas présent et qu'il n'a rien vu.

L'homme n'a par contre pas témoigné à son procès ni fait entendre de témoins.

La procureure de la Couronne, Me Claudie Gilbert, avait déclaré sa preuve close, lundi.

Elle a fait entendre 12 témoins dont des voisins qui ont rapporté que les deux chiens de l'accusé étaient souvent en liberté dans le quartier, sans laisse ni collier. Neil Alexander a témoigné que l'un des chiens de l'accusé a violemment attaqué le sien.

Les policiers qui sont intervenus au parc Marquise de Brossard le 20 septembre 2015, après que la fillette de sept ans eut été attaquée, sont aussi venus à la barre des témoins. C'est à cet endroit que le pitbull de l'accusé a saisi la fillette au visage et l'a traînée sur quelques mètres. Il l'avait aussi mordue au cou et elle a subi de nombreuses blessures.

La procureure de la Couronne a plaidé pour sa part que l'accusé a fait preuve de négligence criminelle: il savait que ses chiens étaient dangereux, et il n'a rien fait pour empêcher que l'attaque du 20 septembre ne se produise, a-t-elle déclaré. Son terrain n'était pas entièrement clôturé et il savait que les chiens se retrouvaient souvent dans la rue, chez les voisins ou dans le parc à proximité.

"On n'est même pas en train de se demander s'il a pris des mesures adéquates, a lancé Me Gilbert. Il n'en a pris aucune."

Karim Jean Gilles est passible de 10 ans de prison.

Le juge va rendre sa décision jeudi.