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19/02/2018 14:57 EST | Actualisé 19/02/2018 14:57 EST

Les producteurs canadiens de bois d'oeuvre restent confiants malgré les droits

«Notre perspective à plus long terme est vraiment positive».

Shutterstock / c12

Les droits sur le bois d'oeuvre ne minent pas la confiance des producteurs canadiens de bois d'oeuvre, puisque la solide demande émanant de la croissance des mises en chantier résidentielles aux États-Unis et les limites de l'offre devraient permettre aux prix de rester élevés en 2018.

Le nombre de mises en chantier d'habitations aux États-Unis a surpassé les attentes en janvier en s'établissant à plus de 1,33 million en janvier, sur une base désaisonnalisée. Les mises en chantier de maisons unifamiliales ont grimpé de 7,6 pour cent, et les délivrances de permis de construction se sont chiffrées près de 1,4 million.

Le président et chef de la direction de Conifex Timber, Kenneth Shields, a indiqué la semaine dernière qu'il s'attendait aussi à ce que les marchés de la réparation et de la rénovation restent robustes.

"Avec cet élément de demande favorable, jumelé aux droits sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre aux États-Unis, nous nous attendons à ce que les prix du bois restent solides en 2018", a-t-il indiqué lors d'une conférence téléphonique sur ses résultats financiers de 2017.

Le producteur de Vancouver a vu son bénéfice par action plus que doubler l'an dernier, et ses revenus ont grimpé de 15 pour cent pour atteindre un niveau record.

M. Shields a estimé que la croissance de la demande allait contrebalancer l'augmentation de l'offre de bois d'oeuvre pendant les prochains 18 à 36 mois aux États-Unis.

"Et même si les prix pourraient bien rester volatils, les tendances vont pointer à la hausse, pas à la baisse."

Les prix ont grimpé sur une base annuelle et s'établissaient à 528 $ US par millier de pieds-planche de bois EPS de l'Ouest canadien, alors qu'ils étaient en moyenne de 278 $ US en 2015 et de 401 $ US l'an dernier.

À ces prix, les réductions de récoltes en Colombie-Britannique vont vraisemblablement être remises à plus tard et la production va s'accélérer, a estimé M. Shields.

Selon Paul Quinn, analyste chez RBC Marchés des capitaux, la façon de penser des producteurs canadiens a changé au cours de la dernière année. À l'origine, ils s'attendaient à absorber la moitié des droits et à refiler l'autre moitié aux consommateurs.

Puis les producteurs ont retransmis tous les droits aux consommateurs, et même davantage, a-t-il expliqué lors d'un entretien.

"Ils sont prudemment optimistes, mais si vous leur demandez à l'interne, ils sont pris de vertige."

M. Quinn affirme que les prix du bois d'oeuvre, qui ont atteint un sommet nominal l'an dernier, vont diminuer une fois qu'une nouvelle entente sur le bois d'oeuvre sera négociée, dans environ un an, lorsqu'une commission d'examen administrative forcera le gouvernement américain à abandonner ses droits compensatoires.

Perspectives positives à plus long terme

D'autres grands producteurs canadiens se montrent également confiants pour l'année en cours.

Le chef de la direction West Fraser Timber, Ted Seraphim, a estimé que la demande pour le bois d'oeuvre nord-américain devrait croître de deux milliards de pieds-planche par année, tandis que la production américaine ne progressera que d'entre 750 millions à 1 milliard de pieds-planche par année.

La volatilité de la dernière année, attribuable à l'incertitude quant aux droits, a fait hésiter les acheteurs, mais M. Seraphim s'est dit encouragé par l'amélioration des données fondamentales sur l'offre et la demande.

"Notre perspective à plus long terme est vraiment positive", a-t-il affirmé lors d'une conférence téléphonique.

Selon le chef de la direction de Western Forest Products, Don Demens, les prix records du bois d'oeuvre contrebalancent largement l'incidence des droits américains. Les revenus du bois d'oeuvre n'ont reculé que de six pour cent l'an dernier, malgré une diminution de 13 pour cent des livraisons.

En conséquence, la société a choisi d'abandonner un plan qui visait initialement à réduire ses investissements en immobilisations en raison de l'incertitude entourant le conflit commercial sur le bois d'oeuvre.

"Nous croyons qu'il n'y a plus vraiment d'incertitude. Nous savons quels sont les droits auxquels nous sommes soumis et nous savons quelle est la procédure à venir", a indiqué M. Demens aux analystes la semaine dernière.

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